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Empreinte CO2 du e-commerce : Colissimo veut éclairer les consommateurs

, par Sylvain Chanourdie

Engagé dans la décarbonation de ses activités, l’expressiste joue la carte de la transparence environnementale. Fort d’un taux d’émission carbone par colis de 357 gCO2e, Colissimo met à disposition de ses clients un nouveau calculateur de CO2 et le score écologique de ses livraisons. Il s’agit de lutter contre les idées reçues et favoriser ainsi les modes de livraison plus vertueux.

Dans le sillage de l’étude sur l’impact environnemental de la logistique e-commerce publiée par l’ADEME en avril dernier, La Poste a mené une analyse du cycle de vie (ACV) d’un colis e-commerce. Ses résultats présentés en avant-première mardi devant la presse peuvent là encore sembler contre-intuitifs : une livraison à domicile réussie s’avère plus vertueuse qu’une livraison en point de retrait par exemple. Si le client va chercher son colis en voiture thermique (5 km parcourus en moyenne) en point de retrait, il multiplie par 2,4 son impact sur le changement climatique. L’étude a été menée pendant un peu plus d’un an avec deux organismes tiers, Evéa et Ecoact. Les calculs tablent sur le parcours d’un colis BtoC de 1,3 kg depuis son lieu de prise en charge par La Poste jusqu’à son destinataire en France métropolitaine.

Trois enseignements clés

Cet ACV Colis du e-commerce de La Poste, un document de 190 pages, prend en charge 16 indicateurs environnementaux, allant du changement climatique pour le critère le plus connu à la toxicité humaine en passant par la pollution de l’eau ou l’épuisement des ressources naturelles. L’indicateur changement climatique, principalement le CO2, est riche d’enseignements : sans surprise, les opérations de La Poste représentent 55% de l’impact CO2, mais l’emballage pèse tout de même près de 39 % et la réception par le destinataire 6% environ. Au sein de la chaîne logistique de La Poste, 10% de l’empreinte est liée à la consommation d’énergie, l’acheminement entre plateformes pèse le plus (26 %) et la livraison 25% en regroupant 10 % pour l’étape dispersion et 5% pour les tournées de livraison.
« Les enseignements de notre ACV convergent avec l’ensemble des résultats de l’ADEME, et notamment trois enseignements clés : l’enjeu du déplacement du consommateur final selon que la livraison se fait domicile on non, l’impact des réseaux de dépôt et leur densité, et enfin les enjeux de mutualisation et d’optimisation des chargements également très impactants  » explique Laure Mandaron, directrice RSE de la Branche Services-Courrier-Colis du groupe La Poste.

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Laure Mandaron, directrice RSE de la Branche Services-Courrier-Colis du groupe La Poste
® Eric Huynh La Poste

Livraisons urbaines 100% décarbonées

Autant de données qui vont nourrir les outils d’aide à la décision que Colissimo met à la disposition de ses clients e -commerçants et consommateurs dans leur choix de livraison e-commerce. «  Partager cette ACV complète montre que nous sommes déterminés à réduire notre empreinte carbone, avec la volonté d’accompagner nos clients dans un choix éclairé  » poursuit le directeur général de Colissimo, Jean-Yves Gras.
A l’appui de sa démarche environnementale, Colissimo met en avant un taux d’émission carbone par colis de 357 gCO2e jugé « le plus bas du marché », contre 408 g en 2021. Pour y parvenir, chaque étape du cycle de vie des colis a été travaillée.
Sur l’étape livraison, soit 15% des émissions de CO2, l’objectif est de livrer en 2025 un colis sur deux en mode décarboné ou doux en France. A cette fin, 34 ELU (espaces logistiques urbains) ont été déployés (100 à terme) dans les grandes villes pour une distribution en vélos cargos ou en véhicules électriques. 200 millions d’euros ont été investis dans 15 000 véhicules électriques et 1000 vélos cargos. Fin 2023, 100 % des livraisons de colis seront ainsi décarbonées dans Paris, elles le seront dans le grand Paris en 2024 (150 000 colis par jour) et en 2025 dans les 22 métropoles et 42 ZFE.

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Jean-Yves Gras, directeur général de Colissimo
® Vincent Bourdon

Sortie du diesel et optimisations

Poste le poste plus émetteur et donc levier clé de décarbonation, les liaisons routières par poids lourds verront leur empreinte réduite de 50% d’ici à 2030. «  400 millions d’euros ont été budgétés d’ici à 2030 pour convertir notre flotte de poids lourds aux énergies bas carbone ». En 2023, Colissimo exploite une flotte en propre de 130 camions biogaz et trois PL électriques.
La réduction de l’empreinte s’appuie aussi des optimisations de processus, en premier lieu l’utilisation de caisses mobiles qui portent à 100 m3 la capacité d’un camion contre 70 m3 avec une semi-remorque classique. 1000 caisses mobiles sont en service. La capacité de chargement est également optimisée grâce au « vrac rangé », qui se passe de rolls et de palettes : les colis sont rangés avec les pochettes au-dessus. A la clé, un gain de chargement de 30%.
L’optimisation des schémas de transport ont aussi permis de traiter 22% de colis supplémentaires entre 2019 et 2022 sans parcourir plus de km. Les hubs régionaux décentralisant les flux et la modernisation des plateformes de tri, certifiées HQE ou BREEAM, font également partie des leviers de décarbonation.

En dehors du périmètre transport, les emballages, dont l’empreinte carbone avoisine 40%, font l’objet d’un partenariat avec Hipli. Ses emballages réutilisables sont utilisés par 350 e-commerçants. La Poste travaille également avec d’autres fabricants d’emballages réutilisables afin de mettre en place un service de retour à vide des emballages réutilisables (RER) ou encore sur des solutions de calage innovantes.

Accompagner e-commerçants et acheteurs

Outre ses propres actions de décarbonation, Colissimo accompagne ses clients e-commerçants en mettant à leur disposition une version affinée de son calculateur CO2 d’ici à la fin de l’année : le nouvel outil tiendra compte du mode de dépôt (collecté par La Poste, dépôt direct dans une plateforme de tri… ), des processus internes et du mode de livraison. A l’intention des consommateurs, La Poste a développé un score écologique des livraisons qui reflète trois indicateurs en 5 catégories (A, B, C, D, E) : le changement climatique, la qualité de l’air, les matières et leur circularité. « Nous sommes le premier acteur à avoir dévoiler l’impact environnemental de nos activités  » se félicite Jean-Yves Gras, qui concède que « notre défi est de convaincre les clients d’utiliser ces outils. (...) Trop souvent, les e-commerçants limitent le choix, dans leur tunnel de commande, à la livraison domicile ou hors domicile, il n’y a plus de marque et donc de score écologique associé. C’est en quelque sorte la prime au pollueur en favorisant le transporteur le moins cher… Des marques sont motrices, d’autres moins ». Le message est passé.

Le magazine et les hors-séries

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