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La grande distribution prend le tournant de l’automatisation

, par Sylvie Druart

Longtemps réfractaire à l’automatisation, la grande distribution est aujourd’hui demandeuse de solutions flexibles et adaptées à son métier. Une démarche également un peu forcée par l’omnicanal et sa quête de performance.

En matière d’automatisation, beaucoup s’accordent à dire que la grande distribution française accuse un certain retard en regard de ses homologues espagnols ou allemands. « La grande distribution il y a 10 ans ou même 5 ans n’était pas équipée », constate en effet Patrick Teissier, directeur des systèmes intégrés chez Dematic. « Pendant des années, des dizaines d’années, la grande distribution en France n’a pas bougé », confirme de son côté Xavier Hua, directeur général de l’Institut du Commerce. Plusieurs raisons expliquent le phénomène.
Tout d’abord, des raisons macro-économiques. « L’entrée de l’Espagne dans l’Union Européenne a généré un certain nombre de subventions permettant de moderniser des secteurs de l’activité particuliers dont la distribution », développe notre interlocuteur.
Autre élément toujours en Espagne, l’enseigne basque Eroski ne voulant pas se déplacer de son site historique, s’est vue dans l’obligation d’automatiser afin de répondre à sa croissance et à son manque de main d’œuvre. Pour sa part, l’Allemagne compte sur son territoire les principaux équipementiers d’automatisation ou de mécanisation et a développé une véritable culture de l’automatisation.
Mais ça, c’était avant…
D’autres raisons tiennent aux spécificités françaises. Sur le territoire hexagonal, le coût du foncier est moins élevé que dans d’autres pays, ce qui incite à réaliser des sites logistiques à plat, alors que d’autres voisins « creusent » en sous-sol pour y loger leurs entrepôts ! Par ailleurs, les pouvoirs publics nationaux ne voient pas toujours d’un bon œil l’installation d’unités logistiques. Enfin, plusieurs expériences malheureuses ont pu stopper net plusieurs distributeurs dans leur élan. En témoigne, l’entrepôt textile de Carrefour de 90 000 m2, presté par Norbert Dentressangle (aujourd’hui XPO Logistics) en 2002 à Vert Saint Denis et 100 % automatisé, qui n’a pas trouvé son modèle économique. Autre exemple avec un trieur calibré pour les DVD qui ne prenait pas en compte les CD et ne fonctionnait que très peu de temps chaque jour. « Ces déboires ont marqué longtemps les esprits, lesquels ont conclu que la mécanisation n’était pas destinée à la distribution, par manque de souplesse et pour des raisons économiques », note Xavier Hua (IDC). Tout ceci est désormais complètement remis en question.
« Depuis un ou deux ans, certains distributeurs ont visité des installations automatisées, ont regardé, analysé beaucoup plus en détails et se sont dits que l’automatisation représentait une formidable opportunité », continue-t-il. Même si les approches sont différentes selon la géographie, les politiques sociales et les enseignes, « nous avons vu émerger la volonté pour les distributeurs dès 2014 d’aller un cran plus loin, de mécaniser l’ensemble des processus. Ce qui existe depuis nombreuses années dans d’autres domaines comme l’agro-alimentaire ou l’industrie automobile, touche désormais la distribution », reconnaît Xavier Barras, directeur des opérations chez GS1. »

Retrouvez l’intégralité du dossier consacré à l’automatisation dans le n°163 de Stratégies Logistique

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