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Sanofi, de l’éco-conception à l’empreinte globale

, par Marion Baschet-Vernet

Dans le secteur la pharma, Sanofi fait figure de précurseur dans la mise en place d’une démarche d’éco-conception sur ses médicaments clés, évoluant aujourd’hui vers un modèle circulaire visant à minimiser l’empreinte carbone à l’horizon 2030. Son approche sur l’emballage, par exemple, prend en compte l’empreinte environnementale dans sa globalité, au delà de l’aspect minimaliste de la recyclabilité.

Le fait d’être un groupe pharma n’empêche pas de travailler sur l’impact environnemental, une tendance de fond durable pour l’ensemble des secteurs intégrant le cycle de vie des produits, de leur éco-conception à la gestion des déchets, en passant par leur consommation en limitant les gaspillages.

Des entreprises pionnières sortent du lot dans l’industrie pharma comme Sanofi, qui a été le premier laboratoire à utiliser le Bilan Environnemental des Emballages (BEE) d’Adelphe, un outil d’analyse de l’impact environnemental des différentes étapes du cycle de vie d’un médicament.

Une démarche de simplification

C’est en 2012 que Sanofi s’engage dans l’éco-conception au travers d’une première initiative visant à simplifier, harmoniser et optimiser ses emballages primaires (blisters) et secondaires (étuis) pour toutes les formes solides (comprimés) sur l’ensemble de ses 18 sites industriels sur le territoire français.

« En nous concentrant sur le nombre de blisters par site, nous avons regardé comment combiner la simplification (pour en avoir moins), à la densification (pour avoir des blisters plus petits) et l’harmonisation entre sites (tailles communes de blister) » explique Guilhem Rousselet, responsable du conditionnement global pour le groupe Sanofi depuis cinq ans.

Compte tenu de la taille du portefeuille, ce process continue aujourd’hui dans une démarche d’amélioration continue, et sur des cas ponctuels. « Dans certains cas, les volumes ne suffisent pas à justifier un changement, ou des contraintes réglementaires et techniques rendent les évolutions impossibles », continue-t-il.

Sanofi dresse aujourd’hui un bilan positif de cette première initiative qui a conduit à de fortes réductions dans la consommation de plastique, d’aluminium et de carton, mais aussi à optimiser les transports, en optimisant la charge des palettes et le nombre de camions.

Du carton pour les vaccins

L’éco-conception est également synonyme d’innovation chez Sanofi Pasteur avec une autre initiative forte menée au niveau de ses emballages de vaccins. « Nous avons décidé d’enlever le blister plastique qui protège la seringue pour le remplacer par un étui tout carton plus compact, » note-t-il.

La Compact Box, qui a fait l’objet d’un Award sur le salon Pharmapack Europe il y a deux ans, aura permis au final de réduire de 50% le volume d’emballages et de 30% des impacts de distribution. Une innovation qui représente un travail « de longue haleine » selon Guilhem Rousselet, pour améliorer la présentation des produits injectables soumise à des contraintes réglementaires mais aussi d’usages auprès des professionnels de santé, et qui portera ses fruits de façon progressive dans le temps.

Approche par cycle de vie

Aujourd’hui, la stratégie en matière d’éco-conception et d’économie circulaire n’est plus orientée seulement sur le packaging, mais vise la totalité du produit fabriqué et commercialisé par Sanofi dans le sens d’une approche globale.

« Nous sommes convaincus que pour aller plus loin encore, la démarche doit être rationalisée par une approche quantifiée de manière scientifique.
Pour cela, nous avons initié des analyses de cycle de vie sur nos médicaments clés »
. C’est une démarche intégrée, pilotée par la RSE, sur des trajectoires longues 2025-2030.

En parallèle, Sanofi participe à un groupe de travail prospectif lancé par Adelphe portant sur les blisters plastiques de médicaments, qui représente 40% des emballages pharma produits sur le territoire français.

« Nous savons aujourd’hui que les blisters sont un alliage de plastique et d’aluminium, qui n’est pas porteur pour la recyclabilité », note-t-il. Mais il n’y a pas de solution industrielle encore prouvée pour remplacer cet alliage et permettre à la fois la bonne conservation du produit et un accès facile au comprimé pour le patient.

« Ce que nous découvrons et documentons, c’est que nous devons porter une vigilance particulière à ne pas privilégier la recyclabilité au détriment d’une éco-conception sur l’empreinte globale » continue-t-il. Les études de cycle de vie comparatives, menées jusqu’ici par le laboratoire avec les piluliers recyclables dans les déchets ménagers, montrent que le blister classique reste aujourd’hui la solution la plus optimisée en terme d’empreinte environnementale.

L’objectif du groupe de travail construit avec l’Adelphe, et intégrant l’un des leaders de l’emballage Amcor, sera de trouver des solutions pour tendre vers 100% d’emballages recyclables ou valorisables, notamment par le biais d’appels à projets. Trouver une résine plastique pour remplacer le PVC sera un axe stratégique d’éco-conception.

Autres pistes

L’ensemble de ces initiatives au sein de Sanofi montre qu’une nouvelle dynamique est à l’œuvre, et qui n’est pas prête de s’arrêter.
« Notre stratégie environnementale Planet Mobilization couvre toute la chaine de valeur, souligne Hervé Gachet, Manageur Environnement Value Chain Footprint chez Sanofi. La priorité est donnée à l’approche d’éco-conception de nos produits en coopération avec nos fournisseurs avec l’ambition de nous transformer en profondeur en industrie durable ».

D’autres pistes dans une optique de zéro déchet sont étudiées, en particulier concernant les notices de médicaments qui permettent d’informer les médecins et les patients pour garantir l’observance et l’efficacité d’un traitement.
Certains pays encouragent déjà de remplacer l’étui secondaire et la notice par un QR code à scanner pour avoir accès aux instructions d’emploi.

Ces évolutions sont notamment possibles au Japon, en Australie, Suisse, Nouvelle Zélande, ou encore au Canada. « Le fait de passer à des modèles de notices sous format digital, plus pratiques et consultables à l’écran, est une question ouverte et d’ordre réglementaire », note Guilhem Rousselet.

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