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Supply chain : passer du just-in-time au just-in-case ?

, par Stratégies Logistique

Dopées par la reprise de la consommation, les supply chains font face à une multitude d’obstacles, avec des pénuries de composants, de matières, des hausses de prix incontrôlées dans le transport international, l’allongement des délais pour acheminer leurs marchandises, et désormais l’inflation, la guerre en Ukraine, etc.

Si la relocalisation semble aujourd’hui utopique pour de nombreux secteurs (les savoir-faire sont perdus, les machines vendues et le coût de la main d’oeuvre dissuasif), une étude d’Euler Hermes montre que le commerce international devrait se régionaliser, en rapprochant la production du consommateur, avec notamment des technologies comme l’impression 3D pour produire à moindre coût. Sachant que le sourcing de proximité permet de limiter le transport et par la même occasion l’empreinte carbone.

Just in time « dangereux »

Finalement, la crise sanitaire a démontré « que le modèle du just-in-time s’avérait »dangereux« et qu’il fallait diversifier ses sources d’approvisionnement », analyse le cabinet Acte International. « En effet, les entreprises s’évertuent à reconstituer leur stock pour éviter de voir leur chaîne de production bloquée par manque de matières et/ou composants. Elles se tournent ainsi vers le modèle du just-in-case afin de ne plus se retrouver prises au dépourvu. »

Même constat du côté du cabinet Accenture, qui a évalué que les ruptures de chaines d’approvisionnement auraient coûté quelque 112,7 milliards d’euros aux économies de la zone Euro dans son étude From Disruption to Reinvention – The future of supply chains in Europe, réalisée avec Oxford Economics.

Toujours d’après cette étude, l’impact de pandémie de COVID-19 et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie pourraient coûter jusqu’à 920 milliards d’euros d’ici fin 2023 (318 cette année, 602 la suivante), soit l’équivalant de 7,7 % d’une année de PIB des pays de l’EuroZone, selon la projection la plus pessimiste ! Pour Accenture, le paradigme de la supply chain devrait à l’avenir moins se focaliser sur l’optimisation des coûts que sur l’agilité afin de pallier à toutes ces incertitudes croissantes.

Résilience, agilité et durabilité

Pour ce cabinet, les enjeux majeurs sont désormais la résilience, l’agilité et la durabilité. La résilience consiste à mieux anticiper les ruptures, de savoir identifier les risques en amont, de diversifier ses fournisseurs et de posséder un stock de précaution. L’agilité permet de réagir rapidement via la planification simulée via différentes scénariis, notamment via des itinéraires alternatifs et des centres de distribution plus flexibles. La durabilité tient compte des besoins actuels et futurs de tous groupes de parties prenantes.

« Les entreprises doivent passer du just-in-time au just-in-case : elles doivent diversifier leurs fournisseurs, prévoir des itinéraires de fret alternatifs, rendre les centres de distribution plus flexibles et constituer des stocks », commente Kris Timmermans, responsable d’Accenture Supply Chain & Operations au niveau mondial. « La solution est d’investir dans les nouvelles technologies pour mieux capitaliser sur les données – depuis les jumeaux numériques jusqu’à l’analytique, en passant par les tours de contrôle des chaînes d’approvisionnement – sans oublier le continuum cloud, qui fournit une puissance de calcul colossale, tout en restant économique, flexible et durable ».

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