Accueil / Transport /

Pierre Blayau dénonce « les mauvais trafics »

, par Gilles Naudy

Lors de la conférence du Cercle pour l’optimodalité en Europe (COE), Pierre Blayau, président directeur général de Géodis et directeur général délégué Transport et Logistique de la SNCF a insisté sur le fait que les entreprises doivent payer à leur juste prix les prestations de la SNCF.

Dans le cadre de la conférence-débat organisée par le COE, le patron de la division Transport et Logistique de la SNCF a attribué, pour partie, les pertes de la branche fret de la SNCF, au maintient de trafics non rentables : « Nous assistons à une mutation du secteur marchandises qui demande beaucoup, beaucoup d’argent. Le problème du financement devient majeur. Dans le transport de marchandises, la SNCF perd des sommes considérables, soit -300 millions de pertes de trésorerie en période haute, quand tout va bien et jusqu’à -800 millions en période de récession. Il faut se concentrer sur certain marchés, comme le combiné, le transport des matières dangereuses et se poser la question : qu’est-ce qu’un bon client pour la SNCF ? Est-ce normal que de très grands groupes cotés au CAC 40 voient leurs coûts logistiques financés à 50 %, alors qu’ils n’en n’ont nul besoin ? Il faut que la SNCF fasse moins de mauvais trafics ». Pierre Blayau a tenu, par ailleurs, à répondre à ceux qui lui prêtaient l’intention de supprimer l’activité wagon isolé et à démentit toute rumeur en ce sens : « Je n’ai jamais dit qu’on arrêtait le wagon isolé. Il y a simplement aujourd’hui des trafics qui n’ont aucun sens économique. Fret SNCF doit avoir une approche industrielle pour massifier les flux. Il faut procéder à un arbitrage des ressources, il faut redéfinir des plans de transport flux par flux et desserte par desserte ».

De son côté le ministère des Transports a insisté sur la nécessité d’investir massivement dans des modes de transport alternatifs à la route, rappelant au passage, que l’Etat avait décidé de consacrer 13 milliards d’euros, sur la période 2008-2015, à la rénovation des infrastructures de transport. « Pour le reste, nous sommes convaincus du fait que l’ouverture du marché à la concurrence est la meilleure solution », indiquait le représentant du ministère. D’autres intervenants au débat du COE ont abondé dans ce sens. Ainsi, Yves Crozet, professeur agrégé d’économie à l’université de Lyon, déclarait-il : « Les pouvoirs publics ne tomberont pas dans le piège du protectionnisme, ils ont retenu les leçons de l’histoire. Le redémarrage passera par une restructuration complète. Laquelle à déjà commencé. Nous assistons aujourd’hui à un double processus de décomposition et de recomposition. Il nous faudra anticiper les flux qui vont se développer le plus, à l’échelle mondiale et développer d’urgence l’arrière-pays des ports. C’est le problème de la France. Les entreprises vont aussi devoir massifier leurs flux, baisser les coûts et les effectifs. La vocation du transport n’est pas de lutter contre le chômage  ».

Apportant de l’eau au moulin du professeur Crozet, Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) notait : « on a oublié le mot rentabilité dans le secteur du transport, on ne raisonne pas en terme de rentabilité financière, financière et sociale et cela me navre ». Giuseppe Fabbri, président-fondateur du Groupe Eurofer, déclarait, quant à lui : « on ne peut pas demander à l’opérateur ferroviaire public, à la fois de réduire les coûts et de jouer les amortisseurs sociaux ».

Le magazine et les hors-séries

Stratégies Logistique 186 - décembre 2020 / janvier 2021

Stratégies Logistique n°186 est paru.

Supplément SIMI 2019

Téléchargez ce supplément consacré à l’immobilier logistique et au salon SIMI, qui s’est tenu à Paris du 11 au 13 décembre 2019.

Cliquez ici pour télécharger ce hors-série.

Hors-série n° 18 - Retail Chain

Téléchargez ce hors-série consacré à l’événement Retail Chain, qui s’est tenu à Paris le 10 avril 2019.

Cliquez ici pour télécharger ce hors-série.