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« 4 autres centrales Leclerc ont signé avec le même type de projet »

, par Gilles Solard

Stratégies Logistique a profité de l’inauguration du nouveau centre de distribution Scapalsace à Colmar, équipé par Witron, pour poser quelques questions à son directeur général, Saîd Bindou.

Stratégies Logistique : Etes-vous l’artisan de ce projet Scapalsace d’automatisation d’un entrepôt avec le système Witron ?
Saïd Bindou : J’ai proposé mais la décision a été collective puisque Scapalsace est une coopérative autonome et indépendante à sa tête un conseil d’administration avec une assemblée générale des propriétaires des magasins. Mon rôle en tant que directeur général de la centrale d’achat Scapalsace est de proposer des outils et une stratégie à l’ensemble des adhérents et ce sont eux qui à l’unanimité ont validé le projet. Scapalsace représente 106 points de vente dont 46 hypermarchés, une trentaine de drives et une trentaine de supermarchés sur 11 départements de l’Est de la France.

S.L. : Comment s’est passé votre rencontre avec l’automatisation et Witron en particulier ?
S.B. : Venant de l’industrie, je pensais qu’il y avait quelque chose à faire. J’ai commencé à chercher ce qui se faisait partout dans le monde, en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Et nous avons découverts d’autres faiseurs que Witron. C’est un pur hasard si j’ai découvert Witron sur la dernière page du magazine Stratégies Logistique. J’ai découvert qu’ils avaient un agent commercial à Strasbourg. Etant donné que je suis strasbourgeois, je les ai contactés. Mais nous avons identifié au total cinq faiseurs au total en Europe comme Knapp, Dematic, Schaefer Industries, Vanderlande et Witron. Mais à mon grand regret, personne en provenance de France.

S.L. : Une automatisation aussi poussée ne fait cependant pas partie de la culture française, où je me trompe…
S.B. : Vous avez tout à fait raison, c’est souvent le cas, mais si on regarde les pays qui nous entourent comme l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, la Belgique ou l’Espagne, tous ces pays disposent de systèmes similaires sauf en France qui accuse peut-être un peu de retard. Certains sites très automatisés tournent dans le monde depuis une dizaine d’années déjà.

S.L. : Pensez-vous que la logistique est en retard en France, par rapport à l’industrie en général et à l’automobile en particulier ?
S.B. : j’ai en effet pu constater que la France a du retard dans le domaine de la mécanisation en général. Notre pays sait parfaitement innover sur d’autres aspects comme les outils de type WMS ou transport mais le sujet de l’automatisation proprement dit a peut-être un peu de retard.

S.L. : N’y a-t-il pas une forme de tabou lié au social ?
S.B. : Non, vous constatez que nos salariés ont été formés à des nouvelles technologies. Ils ont progressé, gravi de nouveaux échelons et aujourd’hui, ce sont des conducteurs de machines et des superviseurs et non plus des porteurs de colis, c’est ainsi qu’il faut voir le volet social de l’automatisation. Il suffit d’être transparent et impliquer les collaborateurs dès le départ.
Puis c’est une réalité de notre époque, au même titre qu’il n’y a plus personne en France et en Europe qui descende avec une pelle et une brouette dans une mine. C’est tout simplement l’évolution de notre société, à laquelle il faut s’adapter, voir l’anticiper.

S.L. : Vous allez être regardé par toute la grande distribution en France. Pensez-vous que le modèle que vous mettez en place va se diffuser ?
S.B. : Fort probablement. Quatre autres centrales Leclerc ont déjà signé le même type de projet. Vous avez cité Scapest mais il y en a trois autres, soit une centrale par an à peu près. Michel E.Leclerc a cité le chiffre d’un milliard d’investissements dans les trois ans qui viennent. La logistique pourrait peser environ 400 millions d’euros, mais nous allons également investir dans nos drives et nos magasins.

S.L. : Vos concurrents vont-ils être obligés de vous suivre ?
S.B : Indéniablement oui, mais nous avons plusieurs années d’avance, ils vont mettre du temps à nous rattraper.

S.L : Quel est l’impact de ce type de projet sur la politique prix ?
S.B. : Il n’y a pas de lien direct entre cet investissement et la baisse des prix, leitmotiv de notre enseigne. Notre challenge n’était pas un challenge économique à la base. Nous cherchions d’abord à anticiper, nous voulons nous mettre en phase avec les normes sur les questions de la sécurité, de la pénibilité et de l’environnement avant tout. C’est cela qui a été à l’origine de notre projet. Cette installation menée en un temps record fonctionne et nous sommes très content de notre choix.

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