Accueil / Supply chain management /

La logistique pharma en ordre de marche pour les vaccins

, par Marion Baschet - Vernet

L’Agence européenne des médicaments a autorisé la mise sur le marché du vaccin Pfizer-BioNTech. En France, la distribution de gros se prépare pour le coup d’envoi de la campagne vaccinale, fin décembre dans les Ehpad. Les dépositaires pharmaceutiques devraient être aux avant-postes pour acheminer les millions de doses commandés. Laure Brenas, présidente du dépositaire CSP-Movianto et de la section C de l’Ordre des pharmaciens (métiers de la distribution en gros du médicament) fait le point.

Que savez-vous de la stratégie de distribution des vaccins prévu par l’Etat ?
Les dépositaires pharmaceutiques et les grossistes-répartiteurs sont mobilisés dans la perspective de la stratégie vaccinale. Le circuit n’est pas encore figé, mais nous avons formulé des propositions à l’Etat. Des études ont été conduites prenant en compte les points forts et les faiblesses de la distribution des vaccins contre la grippe A (H1N1). Nous insistons pour dire qu’il serait plus opérationnel et sécurisé d’exploiter nos structures existantes pour permettre une optimisation de la disponibilité des vaccins aux patients.

Quels sont les circuits de distribution possibles ?
Ce qui compte est que la chaîne du froid soit préservée. Le premier vaccin homologué doit être conservé entre moins 70°C et moins 80°C. Il peut aussi tenir cinq jours entre +2°C+8°C. A l’heure actuelle, ni les officines, et seuls certains centres hospitaliers, sont équipés de supercongélateurs. Deux circuits sont possibles : le premier vise un transport par les dépositaires jusqu’aux pharmacies hospitalières, aux Ehpad, et aux officines, à moins 80°C ; le second passe par une décongélation au niveau des sites dépositaires, juste avant la livraison, pour acheminer les doses à +2°+8°C jusqu’aux points de dispensation.
Les solutions logistiques seront différentes au niveau des pays, en fonction de leur géographie et des points de vaccination. Pour le vaccin de Moderna qui arrivera quelques semaines après celui de Pfizer, les contraintes logistiques seront moins fortes (à moins 20°C), avec la possibilité d’être gardé pendant 30 jours entre +2°C+8°C. Pour le troisième candidat vaccin Astra Zeneca à conserver entre +2°C et +8°C, nous pourrions très bien imaginer un circuit similaire au vaccin contre la grippe, qui est bien rôdé aujourd’hui

Il serait plus opérationnel et sécurisé d’exploiter nos structures existantes pour optimiser la disponibilité des vaccins aux patients

Quel rôle joueront les dépositaires pharmaceutiques ?
Comme pour les masques et les produits de réanimation lors du printemps, les dépositaires pharmaceutiques vont intervenir comme tête de pont de la distribution nationale des commandes publiques de vaccins. Les laboratoires comme Pfizer ne peuvent pas livrer directement les hôpitaux, mais des centres logistiques définis par l’Etat. Cela peut être également les établissements publics de Santé Publique France. Les dépositaires prendront ensuite le relais selon le protocole défini par l’Etat.

La distribution de gros a plus d’une fois montré son agilité cette année. Quelles ont été les principales étapes selon vous ?
En mars, nous avons été sollicités pour la distribution des masques avec l’action du dépositaire CSP et des grossistes-répartiteurs auprès des pharmacies. Au plus haut de la crise, les dépositaires ont également assuré la distribution de cinq molécules de réanimation réquisitionnées par l’Etat (trois curares, midazolam, propofol) à partir de trois plateformes dépositaires (CSP, Movianto et Alloga) pour livrer directement les Pharmacies à Usage Hospitalières (PUI) des hôpitaux et cliniques mobilisés, y compris outre mer.
A cela s’ajoute la mise en place d’un nouveau circuit logistique concernant les médicaments de la réserve hospitalière dispensés à l’hôpital. Pour éviter aux patients de venir à l’hôpital, le grossiste-répartiteur passait prendre la commande préparée à l’hôpital pour la déposer à l’officine désignée par le patient. Il y a ainsi eu jusqu’à 500 courses par mois réalisées par les grossistes-répartiteurs sur toute la France. Nous étudions la possibilité de pérenniser cette solution de livraison facilitée pour les patients.
Une dernière mission cette année a concerné les tests antigéniques approvisionnés par les grossistes-répartiteurs à l’officine en fonction de la liste de référence établie par la DGS. L’officine pouvait tester les patients et approvisionnait également les médecins.

Le magazine et les hors-séries

Stratégies Logistique 187 - février / mars 2021

Stratégies Logistique n°187 est paru.

Supplément SIMI 2019

Téléchargez ce supplément consacré à l’immobilier logistique et au salon SIMI, qui s’est tenu à Paris du 11 au 13 décembre 2019.

Cliquez ici pour télécharger ce hors-série.

Hors-série n° 18 - Retail Chain

Téléchargez ce hors-série consacré à l’événement Retail Chain, qui s’est tenu à Paris le 10 avril 2019.

Cliquez ici pour télécharger ce hors-série.