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« La question qui se pose est comment aller plus loin… »

, par Gilles Solard

A l’occasion de l’inauguration de la péniche de Vert Chez Vous, associée à des vélos à assistance électrique, pour des livraisons sur Paris, Bernard Amoury, Vice-Président Supply Chain Globale de Sanofi, parle de cette expérience et du développement durable.

Sanofi produit, livre et exporte chaque année 4,5 milliards de boîtes de médicaments. Pour ce projet de livraison dans Paris, nous cherchions une solution. Une large partie de notre activité en Ile de France concerne les livraisons directes à l’officine, ce qui représente plus de 100 millions de boîtes par an. Nous cherchions donc un moyen performant en termes d’environnement et de coûts qui permette d’augmenter le niveau de qualité de livraison aux officines. C’est ainsi que nous avons rencontrés Vert Chez Vous. Une solution qui a mis une petite année à se mettre en place.
Notre expérience avec Vert Chez Vous touche aux livraisons dans l’hypercentre de Paris. En termes de flexibilité/coûts, c’est comparable au mode de livraison classique que nous avions à base de fourgonnettes dédiées avec la société Tendron notamment. Le système Tendron fonctionne de façon remarquable. Le système Vert Chez Vous sur l’ensemble de Paris coûterait légèrement plus cher mais nous ne sommes pas opposés à repenser le schéma.

Cette action à l’échelle de la maison Sanofi est modeste et néanmoins très volontariste. Car notre politique d’environnement est extrêmement ambitieuse. Sanofi emploie 110 000 personnes et dispose d’une quarantaine d’usines en France. Nous sommes dans les cinq premiers exportateurs mondiaux et pendant longtemps, la grande exportation était assurée en avion. Depuis quelques années, nous avons stoppé l’avion au profit des bateaux, des camions et des trains. Le train représente aujourd’hui 7% des volumes transportés et nous aimerions que les liaisons ferroviaires soient plus nombreuses et flexibles. Nous utilisons également le transport fluvial pour aller de Gennevilliers au Havre et à l’export pour aller de Francfort à Hambourg, par exemple.

Au total, 40 000 tonnes de CO2 auront été économisés en cinq ans. Cela passe aussi par le développement de l’éclairage par diodes électroluminescentes dans certains centres logistiques pour faire baisser la consommation d’électricité de 70% ; ou par l’arrêt des petits conteneurs dans la chaine du froid au profit de camions frigorifiques. Le développement durable est donc un foisonnement d’initiatives, même si nous ne faisons pas que de l’écologie. La question qui se pose maintenant est comment aller plus loin. Il faudra pour cela que les politiques s’en mêlent. L’exemple du rail est parlant. Nous sommes par notre volonté montés à 7% de nos flux par rail. Mais je n’arriverais jamais à dépasser la barre des 10% sans une volonté politique associée à de nouvelles infrastructures.
Je crois que nous sommes sur de vrais sujets. Les industriels qui ne le reconnaissent pas ont tort. Ceux qui pensent qu’il ne faut pas innover en matière de développement durable vont vers de sérieuses déconvenues. Mais je pense que les politiciens ont un rôle à jouer. Une autoroute ferroviaire comme celle entre Perpignan et Luxembourg ou le creusement d’un canal nécessite de se projeter à 25 ans et non à 4 ou 5 ans. Une anecdote : nous avons acheté des camions au gaz il y a quelques années. Personne n’en avait sauf Mercedes qui n’en produisait alors que 10 par an pour le marché français ! Il faut aujourd’hui démultiplier les offres dans le domaine du développement durable pour passer à la vitesse supérieure.

Au delà du développement durable, notre grand projet est d’avoir une logistique de plus en plus empreinte d’efficacité commerciale. Il s’agit de donner à nos équipes commerciales un panel de possibilité de canaux de distribution leur permettant de ne réaliser que des choix commerciaux. C’est donc une supply chain qui, à travers son savoir-faire technique, offre un avantage commercial. On travaille sur le concept de distribution directe, dans une logique d’internalisation et de contrôle de notre distribution. Si prestataire il doit y avoir, ce ne peut plus être un prestataire qui achète nos produits. La distribution directe a pas mal de conséquences techniques mais c’est un point important dans le développement d’une logistique efficace.

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