Accueil / Supply Chain / À lire
Quelles solutions pour développer l’axe Méditerranée-Rhône-Saône ?

- Compagnie Nationale du Rhône
Augustin de Romanet, ancien président d’Aéroport de Paris, a remis son rapport consacré à l’Axe Méditerranée-Rhône-Saône visant à accélérer le développement des activités sur cet axe à travers une coordination renforcée des acteurs publics et économiques.
Après quatre rapports [1] en 10 ans consacrés au corridor Méditerranée–Rhône–Saône (MeRS), Augustin de Romanet, ancien président d’Aéroport de Paris, a remis le sien au premier ministre Sébastien Lecornu et à Philippe Tabarot, ministre des Transports. Alors que les précédents documents ont souligné le morcellement institutionnel et l’absence de leadership sur le corridor, ce nouveau rapport prône « une gouvernance claire, incarnée et responsable pour changer immédiatement la trajectoire de l’axe et accélérer le développement des activités à travers une coordination renforcée des acteurs publics et économiques », selon Augustin de Romanet.
Il propose des mesures « réalistes, opérationnelles et entièrement activables à court terme » afin de renforcer la compétitivité logistique du corridor qui concentre plus du tiers du PIB français et 25 % de la production électrique nationale, « tout en représentant un potentiel logistique essentiel à la souveraineté économique et à la transition énergétique du pays ». Pilier du transport fluvial en France, le développement de l’axe MeRS est indispensable pour décarboner la logistique et le transport de marchandises et favoriser le report modal vers des solutions durables.
Or Augustin de Romanet estime qu’aucune autorité n’est aujourd’hui clairement responsable de la mise en œuvre des stratégies industrielles, logistiques et foncières de l’axe. « Cette absence de redevabilité ne permet pas de promouvoir la massification du fret fluvial et ferroviaire, la coordination entre acteurs publics et privés, et la valorisation cohérente du foncier économique », explique-t-il.
Un directoire pour mieux coordonner
Le rapport préconise ainsi la mise en place d’une structure resserrée de type « directoire », chargée de garantir la mise en œuvre de la stratégie d’ensemble de l’État pour l’Axe MeRS et ayant vocation à assurer le suivi des résultats, la coordination des politiques régionales et l’animation des grands projets stratégiques de l’Axe. Ce directoire réunirait les présidents des conseils régionaux et les préfets des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que le directeur général de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et le président du conseil de surveillance du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). Une association partenariale avec les régions Bourgogne-Franche-Comté et Occitanie, Voies navigables de France (VNF) ainsi que SNCF Réseau, est également prévue afin d’assurer une approche cohérente des enjeux ferroviaires, fluviaux et fonciers à l’échelle de l’Axe.
Le rapport propose également de faire évoluer le Conseil de coordination interportuaire et logistique de l’Axe MeRS (CCIL), qui deviendrait un Comité des parties prenantes (CPP), instance de concertation réunissant les acteurs économiques et institutionnels concernés.
Afin d’assurer l’articulation entre ce directoire et les administrations centrales, la mission recommande de créer un poste de coordination interministérielle dédié au développement de l’axe MeRS et de valider le schéma directeur de l’axe définissant la stratégie commerciale et foncière. La mission recommande enfin de créer une marque commune permettant de réunir sous une même bannière, vis-à-vis de l’extérieur, les ports de l’axe.
« La mission souhaite le dire sans ambiguïté : le temps des observations et des rapports est achevé, celui des décisions doit commencer. L’axe MeRS ne peut plus attendre. Sa réussite conditionne la souveraineté logistique de la France, sa capacité à se réindustrialiser, son positionnement dans la Méditerranée, et la cohérence de ses engagements climatiques. La création d’un Directoire, la nomination d’un délégué interministériel, la coordination foncière renforcée et les actions rapides pour rendre le fluvial compétitif constituent les fondations d’une dynamique nouvelle. Il appartient désormais aux pouvoirs publics de donner l’impulsion, de fixer un cap, et de créer les conditions d’une mise en œuvre rapide », conclut Augustin de Romanet dans son rapport.
Voir en ligne : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/...
[1] Lambert-Lamure (2016), Baudouin (2017), Mailhos (2021) et Baudouin/Rivoallon Pustoc’h/Le Brun/Pithon en (2024)






