20 entreprises du secteur de la messagerie ont été jugées coupables d’entente par l’autorité de la concurrence dans le secteur de la messsagerie.
672,3 millions d’euros : C’est l’amende que devront payer 20 entreprises du secteur de la messagerie pour des faits remontant aux années 2004-2010. L’autorité de la concurrence reproche notamment à ces entreprises de s’être concertées sur les hausses tarifaires année après année. Selon le quotidien économique Les Echos, "toutes les grandes entreprises du secteur ont participé à ces pratiques d’entente tarifaire, à l’exception notable de l’américain UPS".
Geodis échoppe de la plus grosse facture avec une amende de 196,1 million d’euros, loin devant Chronopost (99,2), DHL Express France (81,2) et TNT France (58,5). Schenker Joyau a bénéficié de la procédure de clémence pour avoir dénoncé ces pratiques et n’échoppe "que" de 3 millions d’euros et Alloin a vu sa note réduite de 30% à 30 millions d’euros pour la même raison. Ciblex, Heppner, Lambert et Valette, XP France, Henri Ducros et Ziegler ont été en partie épargnés mais pas complètement. Et même la fédération professionnelle TLF est condamnée à 30 000 euros d’amende puisque ce sont lors de réunions du "conseil des métiers" que ce sont passées les ententes tarifaires.
Régissant dans un "point de vue" dans les Echos daté du 16 décembre 2015, Yves Fargues, président de TLF dénonce cette pratique qui consiste à sanctionner "le passé lointain de ce secteur pour en compromettre l’avenir". L’époque incriminée se caractérisait alors par une concurrence sauvage, "exacerbée encore par les grands donneurs d’ordre du e-commerce et de l’industrie", explique Yves Fargues. Les deux condamnations les plus lourdes frappent deux géants publics du secteur.
Les amendes risquent donc d’obérer les capacités de développement de ces entreprises et menacent l’indépendance future de PME touchées. Elles auront donc des répercussions qui iront bien au delà de leur volonté de justice et pourront frapper même des emplois. De son côté Kuehne+Nagel rappelle que sur les 32 millions d’amende, 31 millions sont attribuables à la société Alloin avant le rachat par le groupe allemand. La société désapprouve de telles pratiques puisqu’un programme de coopération avec l’autorité publique a été mis en place depuis 2010. Kuehne+Nagel examine aujourd’hui toute les options, y compris à faire appel.


