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« Nous ouvrons la voie du navigable... »

, par Gilles Solard

Le 9 décembre dernier, Ferrero France et Stef-TFE lançaient une opération inédite en transport combiné fluvial-route entre Rouen et Paris (Lire SL n°132 p.14). Pour la première fois en France, des produits de l’agroalimentaire sont transportés sous température dirigée par voie fluviale. Analyse de Grégory Debuchy, directeur supply chain France-Benelux de Ferrero.

« Il est important de comprendre qu’il y a une vraie attente des consommateurs. D’après une étude que nous avons fait faire, le 4ème facteur de choix d’un produit est lié à ce que fait l’entreprise pour l’environnement. Si nous voulons maintenir nos parts de marché, il faut intégrer cette dimension. Mon rôle dans la supply chain est donc d’être un aiguillon. Avec les transporteurs, je demande des clauses sur des actions liées au développement durable.

J’ai ainsi beaucoup sollicité Stef-TFE pour trouver cette solution de transport fluvial. Pour monter cette opération, nous avons d’ailleurs longtemps cherché une solution technique, ne serait-ce que pour l’arrimage de la « boîte ». Nous n’y sommes pas arrivés avec une caisse mobile. Nous nous sommes donc rabattu sur le conteneur que nous avons équipé d’un frigo. Il a par ailleurs fallu organiser des réunions tripartites avec l’opérateur maritime Marfret et notre transporteur historique Stef-TFE - qui joue ici un rôle d’organisateur - pour définir dans quel cadre on doit travailler, à quelle fréquence et avec quels volumes.

Nous démarrons cette opération avec un conteneur par semaine. Dans quelques mois, la cible sera de cinq conteneurs par semaine. Et d’ici 8 à 10 mois nous avons un projet de conteneur frigorifique fluvial entre Lyon et Marseille puisque j’ai un entrepôt à Lyon. Ce n’est pas neutre sur le plan des coûts mais il faut savoir que c’est de la R&D logistique. Pour être totalement transparent, cela me coûte le double d’un transport par camion. Mais nous sommes les premiers à le faire et on se dit que cela a une vertu pédagogique. Il a beaucoup d’entreprises en Basse Normandie. Lorsque nous serons plusieurs, il y aura cet effet d’entraînement. Pour l’instant, il y a donc encore des pistes à creuser et des moyens à optimiser. Mais nous vivons cela comme un investissement logistique. »

Un programme en quatre points

« Je remercie Marfret, Stef et VNF pour cette réalisation. Ce que vous ne savez pas parce que nous communiquons peu là dessus, c’est notre action en matière d’environnement. En 2012, 90% de nos camions seront à la norme euro 5, la moins polluante. Avec Stef-TFE, Nous avons en effet travaillé pour sélectionner les camions qui viennent charger les camions chez nous. Cela permet de diviser par 10 les émissions de CO2. En France, il n’y a que Casino et nous à faire cela. Je testerai d’ailleurs mon premier camion hybride début 2012. Ce n’est donc pas de l’image que nous faisons mais un vrai programme de fond.

Ce dernier tourne autour de quatre points : il s’agit d’améliorer le remplissage de nos véhicules. En trois ans, le remplissage des camions est passé de 25 à 28 palettes grâce au personnel de Stef-TFE qui travaille au sein même de nos structures. Le deuxième point est le report modal avec le rail-route et le fleuve. Le troisième concerne la gestion des énergies. Nous avons ainsi changé tout le système de climatisation de l’entrepôt de Grand Quevilly pour réduire la consommation d’énergie. Dernier point : la refonte de notre réseau logistique. On travaille actuellement à la gestion des flux de Kinder Surprise pour faire moins de kilomètres sur la route en bougeant les barycentres.

Nous « produisons » au total 20 000 camions par an. Aujourd’hui le report modal représente 5% de nos flux et nous avons pris l’engagement de passer à 6% d’ici 2015. Ce n’est pas si évident car si nous sommes passés de zéro en 5% de report en cinq, dans le même temps Fret SNCF perdait 40% de son trafic. Avec la fin du wagon isolé, on est à contre courant en matière de report modal. Malgré tout, on avance et on investit. Et si le transport fluvial nous coûte deux fois plus cher, la mutualisation avec d’autres industriels va permettre de baisser les coûts.
Nous avons des contacts avec d’autres industriels pour voir comment dupliquer cette initiative. On regarde aussi avec Stef-TFE comment améliorer la rotation des conteneurs. On ouvre donc la voie mais on se doit d’innover. A un moment où à un autre, cela se fera au bénéfice de nos marques. Nous ne pouvons de toute façon pas rester indifférent. Cette opération est un élément différentiant aujourd’hui. Avec la grande distribution, nous avons bien sûr des relations commerciales mais c’est bien aussi de se mettre au service du produit. Notre marchandise alimentera ainsi tous les Monoprix de Paris intra muros. Cette enseigne est en effet très avancée sur le sujet et nous avions un vrai point de rencontre. »

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