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Pascal Loustalot

Président de Pil’es

, par Gilles Solard

« On a créé le néologisme usine logistique »
L’association de logisticiens du département Nord Isère travaille à mettre en place une logistique des années 2020 basée sur la formation des hommes, mais aussi sur les technologies et sur l’immobilier.

Stratégies Logistique : Rappelez-nous ce que veut dire Pil’es ?
Pascal Loustalot : Pil’es est l’acronyme de pôle d’intelligence Logistique Europe du Sud. C’est une association qui a pour vocation de développer la logistique dans le département du Nord Isère. C’est en effet la plus grande plateforme logistique de France avec 2 millions de mètres carré et 15 000 emplois à la clé. Il existe sur le territoire une centaine d’entreprises de la logistique dont une douzaine se sont réunis en 2007 avec l’idée d’associer des industriels, des prestataires logistiques, des sociétés de services mais aussi des universités et des laboratoire de recherche pour regrouper toutes les compétences de la logistique. Nous sommes tout d’abord une association de travail et non pas de business ou de lobbying avec 3 grands axes : l’immobilier, les technologies et les hommes.

S.L. : Quels sont ces axes ?
P.L. : Concernant les hommes, nous créons un Institut de la logistique. Cet Institut de formation est destiné à mettre en adéquation la formation avec les besoins des entreprises. L’objectif n’est pas de disposer d’un lieu unique où l’on regroupe les formations mais de créer un réseau qui puisse s’appuyer sur des compétences locales. La formation au manager de proximité est prise en charge par la Chambre de Commerce en tant qu’organisme de formation. C’était une compétence que l’on ne trouvait pas sur le marché.
Mais on peut aussi s’appuyer sur des compétences extérieures comme l’IUT de Bron ou Grenoble Ecole de Management. Ce réseau peut mettre en relation une entreprise qui a un besoin en particulier avec le bon organisme. Par exemple, avec l’Afilog, on travaille avec Claude Samson qui est responsable du carrefour des métiers. On est également en train de mettre en place un passeport logistique qui porte moins sur le savoir-faire que sur le savoir-être : se présenter, être habillé convenablement, s’intégrer dans une équipe, respecter mon environnement, etc. Il s’agit d’intégrer des personnes peu qualifiées qui vont rentrer dans la logistique pour les faire admettre au sein d’équipes. C’est nécessaire dans un environnement technologique complexe. Il s’agit de montrer à ces personnes que la logistique est un secteur d’activité à part entière, une filière avec de nombreux métiers (une vingtaine) où ils peuvent évoluer. Il faut savoir que 70% à 80 du personnel qui arrive sort du rang sans véritable formation.

S.L. : Quid de l’axe technologique ?
P.L. : Pour ce qui concerne l’expertise technologique, on a démarré un « serious game » avec 2 objectifs. Le premier étant de faire de la communication pour promouvoir les savoir-faire logistiques : quels sont les métiers et comment on vit dans une usine logistique ? Le second étant plus sérieux, puisque cela touche à la formation. Le serious game sera donc intégré dans une pédagogie de formation. Le serious game est un jeu vidéo parce que la moyenne d’âge est de 36 ans. Nous avons donc beaucoup de jeunes qui connaissent bien les jeux video. Il s’agit de montrer que la logistique, c’est pas seulement des entrepôts – je n’aime pas le terme - et de la manutention, mais aussi de l’high tech et de l’informatique.

S.L. : Vous n’aimez pas le mot entrepôt ?
P.L. : Non. L’entrepôt fait plus référence à la logistique ancienne mode où l’entrepôt était une grosse boîte noire avec des camions et des palettes. Les process intègrent de la technologie et du savoir-faire, comme dans un process industriel. La logistique moderne n’est pas un logistique d’entrepôt mais un succession d’opérations à valeur ajoutée (copacking, différentiation retardée) s’apparentant à la production ou à la semi production. C’est pour cela que nous avons créé le néologisme usine logistique qui correspond à 90% à la logistique que nous trouvons sur le territoire.

S.L. : Quant à l’axe immobilier, vous vous intéressez au développement durable ?
P.L. : Le dernier projet est en effet un projet d’usine logistique solaire. Ce n’est pas un thème nouveau mais la plupart des usines logistiques sont récentes (entre 1 et 10 ans) et ne sont pas concernées par la réfection des toits. Or le photovoltaïque est une technologie lourde et le surpoids n’est pas compatible avec nos usines logistiques. C’est un frein à l’installation massive de photovoltaïque sur les toits. A travers 1 pilote, nous voulons créer les éléments techniques, la démarche juridique et le modèle économique d’un bâtiment équipé de photovoltaïque.
Le bâtiment pilote que nous avons retenu est celui de la société Goodmann exploité par le prestataire Japonais NYK Logistics. Une fois cette étude réalisée, nous allons promouvoir le photovoltaïque auprès des propriétaires des usines logistiques en leur donnant une solution clé en main. Nous avons notamment la chance d’avoir le seul fabricant français de cellules photovoltaïques qui s’appelle Photowatt sur notre territoire. Mais il faudra être créatif. C’est pour cela que nous travaillons avec le pole d’innovation constructif (PIC) pour renforcer les structures des bâtiments susceptibles d’accueillir du solaire. Il y a d’abord une contrainte de calcul puis il y aura une problématique de mise en œuvre de ces solutions. Or la marge de manœuvre n’est pas très grande.

Question facultative…
S.L. : Outre ces grands axes, vous avez beaucoup de petits projets…
P.L. : Oui. On a par exemple créé un film sur les métiers de la logistique pour montrer au grand public et aux élus ce qu’est la logistique moderne. On a aussi un référentiel sécurité qui est un livret d’accueil pour donner aux entrants dans la logistique du soutien sur la partie sécurité du métier. Nous avons notamment travaillé avec la CRAM sur le sujet. Nous avons également réalisé une enquête en 2008 pour disposer de données chiffrées.

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