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Des surstocks non alimentaires à résorber d’urgence

, par Luc Battais

La fermeture des magasins le 14 mars pour cause de confinement a bloqué dans les ports de grandes quantités de marchandises importées par les distributeurs des secteurs non alimentaires. Pour eux la priorité au moment du déconfinement sera de réduire ces stocks avant de passer de nouvelles commandes. Henri Le Gouis CEO de Bolloré Logistics Europe fait le point.

Stoppés brutalement, les flux d’approvisionnement des magasins dans les différents secteurs de la distribution non-alimentaire (bricolage, textile, meuble, électroménager...) ont repris à partir du 20 avril. Les transporteurs routiers ou ferroviaires en France ont vu revenir des trafics, modestes, de ces produits quand les distributeurs ont mis en place des systèmes de vente à emporter dans leurs magasins fermés au public.
Dans quelles conditions cette supply-chain spécifique va-t-elle redémarrer sachant qu’une bonne partie des produits en catalogue sont importés par voie maritime d’Asie et notamment de Chine ?
A cette question, Henri Le Gouis CEO de Bolloré Logistics Europe répond simplement que la première urgence de ces distributeurs va être de vendre les marchandises stockées en masse sur les ports avant de relancer leurs achats.

Phase basse des imports d’Asie

« La distribution non alimentaire avait surstocké dans les ports parce que, malheureusement, elle a enchaîné les grèves portuaires contre la réforme des retraites et le confinement lié à la pandémie du Covid 19. Aux conteneurs arrivés dans les ports qui n’ont pas pu être récupérés sur les terminaux du fait de la grève se sont ajoutés les conteneurs déjà en route mais qui ont continué d’arriver après le début du confinement. » Dans le transport maritime, il y a en effet un décalage de trois semaines à un mois entre le moment de la commande et celui où la marchandise arrive au port de destination.

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Henri Le Gouis CEO de Bolloré Logistics Europe
® Bolloré Logistics

« Les entrepôts portuaires sont saturés, les plateformes distributeurs aussi, ils ne peuvent plus réceptionner. Leur urgence est de réduire le poids financier de ces stocks et de recommencer à vendre avant de recommander » indique Henri Le Gouis. « Nous allons entrer pour plusieurs semaines dans une phase basse à l’import, explique-t-il, aujourd’hui nous n’attendons pas à une reprise des bookings au départ d’Asie avant mi-juin ».

L’export vers l’Asie redémarre

Il souligne en revanche que les activités à l’export se rétablissent car l’Asie et notamment la Chine recommence à produire et à consommer. « L’automobile, l’aéronautique, la métallurgie, les produit de luxe ou la cosmétique engendrent des flux à l’export au départ de la France. On commence à voir redémarrer la production entre 30 à 50 % des potentiels selon les secteurs. Ces industries de production s’appuient sur du travail posté qui ne peut reprendre qu’au fur et à mesure que des organisations de protection des salariés peuvent être mises en place à commencer par la fourniture des masques » explique Henri Le Gouis.

Les situations cependant sont très diverses selon les régions et les activités : « La Chine, qui recommence à consommer des produits de luxe, est désormais facile à approvisionner ; mais des pays comme Singapour sont toujours en lock down. » Du côté de l’aéronautique, les usines redémarrent lentement et dans leurs prévisions de trafic les industriels ne s’attendent pas à un retour à la normale avant fin 2021 compte tenu de la situation du transport aérien.

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