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Ferroviaire : une stratégie nationale et 170 M€ d’aides supplémentaires

, par Sylvain Chanourdie

A l’occasion de la SITL, le ministre des Transports a présenté la stratégie nationale pour le développement du fret ferroviaire. Celle-ci prévoit une rallonge de 170 millions d’euros annuels d’aides à l’exploitation jusqu’en 2024. Un pacte d’engagement avec les principaux acteurs du secteur doit assurer sa mise en œuvre.

L’objectif gouvernemental de doubler la part modale du fret ferroviaire d’ici 2030, acté dans la loi climat votée en juillet dernier, dispose désormais d’une feuille de route : la stratégie nationale pour le développement du fret ferroviaire. Prévu par la loi d’orientation des mobilités de 2019 (loi LOM), ce programme d’actions a été dévoilé par Jean-Baptiste Djebbari lors de l’inauguration de la SITL. « Je ne suis pas le premier à présenter un projet de relance du fret ferroviaire » a-t-il concédé, mais cette fois « nous voulons nous assurer de viabiliser cette politique de relance. Ce mode doit en particulier être repensé en articulation avec les autres secteurs, en faisant jouer la complémentarité entre le rail et la route ».
La stratégie nationale se décline en 72 mesures (voir ci-dessous) visant à répondre à quatre enjeux principaux : restaurer la viabilité des services et du modèle économique des opérateurs de fret ferroviaire, améliorer la qualité de service de SNCF Réseau, renforcer la coordination avec les ports et le transport fluvial et enfin accentuer l’effort dans les infrastructures.

170 M€ d’aides jusqu’en 2024

Première traduction budgétaire de ces mesures, le soutien à l’exploitation du fret ferroviaire est prolongé jusqu’en 2024. L’aide de 170M€ en 2021, annoncée dans le plan de reconquête du ferroviaire en juillet 2020, permettra notamment de prendre en charge 70% des péages acquittés par les opérateurs de fret et de redémarrer trois projets d’autoroutes ferroviaires d’ici 2022 : Calais-Sète, Cherbourg-Bayonne et Perpignan-Rungis. « L’Etat a versé 65 millions d’euros à SNCF Réseau afin qu’il puisse adresser des avoirs aux opérateurs ferroviaires. »
Les infrastructures de fret doivent également bénéficier d’un milliard d’euros apportés par l’Etat, l’Union européenne et les collectivités. « Le détail des investissements sera précisé dans les prochaines semaines » a indiqué le ministre.

Pacte pour le fret ferroviaire

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Signature du Pacte pour le développement du fret ferroviaire. De gauche à droite, Raphaël Doutrebente, porte-parole de l’Alliance 4F, Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué en charge des Transports, Luc Lallemand, président de SNCF Réseau et Denis Choumert Président de l’AUTF.

La mise en œuvre de la nouvelle stratégie nationale s’appuie sur l’engagement collectif des acteurs du fret ferroviaire, publics et privés. A l’initiative de l ’Alliance 4F, l’Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF), SNCF Réseau et le Gouvernement ont en effet signé un « Pacte pour le développement du Fret ». Chaque signataire s’y engage à « faire vivre cette stratégie et lui permettre d’atteindre son objectif : relancer puis développer durablement le fret ferroviaire », tout en veillant « à étendre le nombre d’acteurs impliqués notamment dans les territoires ». Ces engagements sont assortis d’obligation de résultats, indicateurs à l’appui.
Denis Choumert, Président de l’AUTF, a salué « la dynamique actuelle de décarbonation du transport et la stratégie environnementale [qui] font du fret ferroviaire et du transport combiné des atouts pour de nombreuses entreprises. Cette opportunité doit être saisie pour transformer le potentiel qu’apportent l’innovation et la modernisation du réseau afin de répondre à ces nouveaux besoins ».

La stratégie de développement du fret ferroviaire s’articule autour de trois axes, déclinés en 12 orientations et 72 mesures :

1er axe : faire du fret ferroviaire un mode de transport attractif, fiable et compétitif.

1. Améliorer la qualité de la réponse au client.
2. Améliorer la qualité de service du gestionnaire d’infrastructure.
3. Renforcer la compétitivité du rail.
4. Investir dans l’innovation et la digitalisation.
5. Faire du fret ferroviaire un mode de transport 100 % vert.

2e axe : agir sur tous les potentiels de croissance du fret ferroviaire.

6. Développer spécifiquement les différents segments de marché du fret ferroviaire ;
7. S’appuyer sur le potentiel de croissance des ports maritimes ;
8. Jouer la mutualisation avec le transport fluvial ;
9. Inscrire le développement du fret ferroviaire dans une dimension européenne

3e axe : accompagner la modernisation et le développement du réseau.

10. Poursuivre l’adaptation du réseau structurant
11. Moderniser les infrastructures spécifiques au fret ferroviaire
12. Investir dans le développement de nouvelles capacités


Voir en ligne : Détail des 72 mesures de la stratégie nationale pour le développement fret ferroviaire le

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