Accueil / Transport /

Le colza trace sa route

, par Gilles Solard

Parmi les énergies alternatives non polluantes pour faire rouler les camions, l’huile de colza présente des atouts certains dont le transporteur Mazet veut faire un fer de lance de sa communication en faveur de l’environnement.

Les constructeurs de véhicules industriels sont depuis des années engagés en faveur des énergies de substitution pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais jusque-là, le bilan fait apparaître des inconvénients qui freinent le passage radical à ces alternatives. Le gaz se distingue distingue par un surcoût important, l’électrique par une autonomie insuffisante pour ne pas parler de l’hydrogène, indisponible à court terme.

Autorisé en 2018

En revanche les biocarburants semblent devoir tirer leur épingle du jeu. Autorisé depuis mars 2018, le B100 est d’origine végétale, 100% biodégradable et principalement issu du colza en France. Un véhicule fonctionnant au B100 émet 60% de CO2 en moins et 80% de particules en moins par rapport à un moteur diesel.
Le transporteur Mazet a ainsi récemment réalisé l’acquisition de 40 poids lourds Renault Trucks (20 T480 ch et 20 D Wide) pour tester cette alternative au gaz qui se révèle proche du diesel. Les véhicules acquis par la société qui réalise 180 millions d’euros de chiffre d’affaires sont certes 10% plus chers à l’achat qu’un simple diesel pour une consommation un peu supérieure et à un prix identique au diesel.
Mais le message passe facilement auprès des conducteurs comme des clients. Plus question d’acquérir des chargeurs électriques rapides à 100 000 € l’unité. Ce spécialiste en messagerie s’est équipé de trois cuves (20 000 € l’unité) à Lille, Lyon et Paris remplies d’une huile dont l’approvisionnement est 100% d’origine hexagonale. « D’ici 5 ans, toutes nos agences seront équipées de cuves », table Thierry Mazet, président du groupe de Montélimar.

Une mise en œuvre simple

Contrairement à l’électrique ou au gaz, il ne s’agit pas d’un saut technologique. « Un capteur détectant la teneur en biocarburant et un réglage moteur spécifique permettent de maintenir des performances identiques au moteur diesel », avance de son côté Olivier Metzger, spécialiste des énergies alternatives de Renault Trucks. La maintenance, assurée en interne à 100%, n’est pas révolutionnée malgré des vidanges plus fréquentes. L’ADN très franco-français de l’entreprise qui veut se diversifier dans la logistique urbaine est respectée et les clients en redemandent.

15 000 camions en 2023

Le groupe Mazet n’est pas un cas isolé. « Nous avons une cinquantaine de clients intéressés par le B100 », indique le porte-parole d’Oléo100 (groupe Avril), le fournisseur du carburant qui ambitionne de faire tourner pas moins de 15 000 véhicules avec cette énergie d’ici 2023, contre 700 à l’heure actuelle. Système U, Casino, Saint Gobain expérimentent le nouveau carburant. Nestlé Waters ou Smurfit Kappa se montrent intéressés. Quant au groupe Mazet, c’est peut-être le début d’une nouvelle aventure si l’expérimentation s’avérait concluante. Le messager dispose d’une flotte de 900 camions à équiper s’il le fallait, renouvelée à 20% chaque année. Le plus ancien client de Renault Trucks dispose d’un logo vert depuis 1923. Cette fois-ci, ce ne sera plus un hasard !

Le magazine et les hors-séries

Stratégies Logistique 184 - septembre 2020

Stratégies Logistique n°184 est paru.

Supplément SIMI 2019

Téléchargez ce supplément consacré à l’immobilier logistique et au salon SIMI, qui s’est tenu à Paris du 11 au 13 décembre 2019.

Cliquez ici pour télécharger ce hors-série.

Hors-série n° 18 - Retail Chain

Téléchargez ce hors-série consacré à l’événement Retail Chain, qui s’est tenu à Paris le 10 avril 2019.

Cliquez ici pour télécharger ce hors-série.