Mis en place entre 2027 et 2030 sur un large éventail de produits fabriqués ou importés dans l’Union européenne, le passeport numérique va obliger les fabricants et distributeurs à tracer et documenter chaque composant. Un immense chantier de traçabilité logiciel et matériel s’annonce. Alors qu’un cadre normatif est prévu pour juin en France, les gains logistiques restent à définir.
À l’instar des voyageurs aux frontières, les produits devront montrer patte blanche aux différentes étapes de leur cycle de vie. Derrière cette accroche caricaturale se cache la mise en place progressive à partir de 2027 du passeport numérique des produits, également appelé DPP pour digital product passport. Il ne s’agit évidemment pas d’un document administratif, mais d’une identification numérique apposée sur très nombreux produits dès leur fabrication, sous la forme d’un support appelé « data carrier » qui peut être un QR code, un tag RFID ou une étiquette NFC.
Le DPP vise à renforcer la traçabilité des produits que nous consommons dans le contexte d’une volonté européenne de privilégier l’économie circulaire, la durabilité et la recyclabilité. Ainsi, il s’inscrit dans le cadre global de l’European Green Deal, lequel inclut le Circular Economy Act visant à « faire de l’Europe le leader mondial de l’économie circulaire en 2030 », le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF, CBAM en anglais) qui prend en compte l’empreinte carbone du produit et le règlement européen sur l’écoconception des produits durables (EPD, ESPR en anglais) qui vise à faire de l’écoconception la norme.







