Le 3 avril 1973, les leaders de l’industrie et du commerce sélectionnent le code à barres comme système d’identification des produits.
Cette date marque le point de départ de la mission de Gencod, devenu GS1, au service des entreprises. 40 ans plus tard, plus de 8 milliards de produits sont scannés chaque jour à travers le monde. Les solutions d’identification GS1 constituent le socle du commerce moderne. Avec plus de 1,2 million d’entreprises utilisatrices dans le monde (dont 33 000 en France) et près de 150 pays utilisateurs, GS1 est devenue la plus grande organisation mondiale de standardisation présente dans plus de 20 secteurs d’activité.
Les chewing-gums Juicy, de la marque Wrigley, ont été les premiers à être muni d’un code à barres. L’emballage original ainsi que le ticket de caisse sont aujourd’hui exposés à l’American Hystory Museum de Washington DC. Celui-ci s’est imposé dans les entrepôts pour gérer les stocks et suivre les opérations commerciales. Mais il est en passe d’être remplacé par l’étiquette électronique RFID pour accélérer et fiabiliser les processus logistiques. Avec la RFID, la traçabilité pourra acquérir des lettres de noblesses. C’est toute la visibilité des opérations, de la fourche à la fourchette, du laboratoire au lit d’hôpital, qui sera plus précise.
Pierre Georget, président du directoire de GS1 a profité de cet anniversaire pour rendre un hommage appuyé à Bernardo Trujillo : "Aujourd’hui 3 avril 2013, nous fêtons l’anniversaire des 40 ans de GS1 : c’est l’occasion d’évoquer une grande figure du commerce moderne, un visionnaire, Bernardo Trujillo. Dans les années 60, il organisait des séminaires dans l’Ohio pour NCR. Tous les commerçants français de l’époque ont fait le pèlerinage à Dayton pour entendre la parole de celui qu’on appelait "l’oracle de la distribution". En 1966, il écrivait : "Il faut mécaniser. Il faut palettiser. Il faut automatiser. Il faut utiliser l’électronique. Nous produisons à la machine. Nous cultivons nos terres à la machine. Et nous vendons à la main. Article par article, client par client, dans des magasins moyenâgeux, avec des méthodes moyenâgeuses …" Mécaniser, automatiser la distribution, c’est ce que permettra de réaliser le code à barres dont la naissance sera annoncée le 3 avril 1973.
Les paroles de Trujillo restent prophétiques pour les 40 ans à venir, l’électronique, l’internet, la téléphonie mobile ont ouvert de nouvelles possibilités de commercer. Comme lui, nous pourrions écrire : "nous produisons avec l’électronique, nous communiquons avec internet, nous vivons avec nos mobiles, et… nous vendons toujours à la main 95% des produits". Les travaux menés aujourd’hui au sein de GS1 laissent deviner ce que sera la distribution à l’horizon 2030 ou 2040 : une distribution d’extrême précision, pilotant toujours plus finement la production, et à laquelle le consommateur sera intimement associé, si ce n’est intégré. Ce ne sera plus seulement le temps du "libre service" mais de "mon service". Le client sera vraiment Roi, mais comme tout Roi, il sera vu et connu de tous. Au-delà de la technologie une nouvelle éthique du commerce devra être pensée."
– Dans son prochain numéro, Stratégies Logistique consacre une enquête sur le successeur du code à barres - la RFID - qui a fait largement fait son apparition dans les entrepôts et qui est sans doute promis à un grand avenir sur les produits : à condition toutefois que le commerce et l’industrie prenne la même décision que pour le code à barres voici 40 ans...







