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Bruyères-sur-Oise, base-arrière multimodale de MSC sur l’axe Seine

- Medlog Intermodal Terminal à Bruyères-sur-Oise. Au 1er semestre, le trafic du combiné fleuve-route a baissé de l’ordre de 6 % compensé par le rail-route en hausse de plus de 5,5 %
Au-delà de leurs atouts environnementaux, les modes massifiés fluviaux et ferroviaires sont indispensables au développement du trafic conteneurisé havrais. Medlog, la filiale logistique de Mediterranean Shipping Company, participe à la création de ces services sur l’axe Seine avec Bruyères-sur-Oise comme hub trimodal.
L’une des conditions pour devenir un grand port à conteneurs sur le range nord-ouest européen est de massifier les flux à l’import comme à l’export. « Jusqu’à 1 500 conteneurs sont déchargés lors de nos escales import au Havre », témoigne Aldric Moignot. Pour le logistics manager business development de Medlog, « il est impossible de les évacuer par route dans le délai de franchise en vigueur de 4 j. La seule solution est d’utiliser des modes massifiés. Une barge fluviale évacue une centaine de conteneurs d’un coup par exemple ». Aussi la filiale logistique de Mediterranean Shipping Company (MSC), leader mondial du transport conteneurisé, pilote-t-elle une organisation multimodale pour gérer ses flux à l’entrée et en sortie du Havre.
La cheville ouvrière de cette organisation est son terminal trimodal à Bruyères-sur-Oise (95) baptisé Medlog Intermodal Terminal (MIT).
Opérationnel depuis novembre 2024, il est situé à 40 km au nord de Paris. « Quatre services fluviaux entre Le Havre et Bruyères y sont proposés chaque semaine. Ils touchent tous nos terminaux havrais, de Port 2000 compris car nos barges peuvent les desservir », présente le logisticien. Un privilège puisque sur la cinquantaine de bateaux fluviaux conteneurisés naviguant sur l’axe Seine jusqu’au Havre, seuls 8 sont agréées Port 2000 ! L’accès direct à ses terminaux est prévu d’ici fin 2027 avec l’aménagement d’une « chatière ».
Franchise supplémentaire
Entre Bruyères et Le Havre, le transit-time fluvial est de 3 j ou 30 h de quai à quai, manutentions incluses. A titre de comparaison, celui de la route est d’un jour mais soumis à la prise et au respect de rendez-vous au risque de plusieurs heures d’attente sinon. « A l’export vers l’Amérique du Nord ou l’Afrique, la route est privilégiée car les transit-times porte-à-porte sont de quelques jours. A l’inverse, le trajet maritime avec l’Asie dure une quarantaine de jours. Un pré et post acheminement terrestre de 3 j ne pose pas de problème », explique Aldric Moignot.
Les 4 services fluviaux aller-retour de Medlog représentent plus de 800 poids lourds par semaine. Si la zone de chalandise « naturelle » de Bruyères est de 100 km autour du terminal, dans les faits « elle est nationale », constate-t-il. Sur le terminal sécurisé ouvert de 6 h à 19 h, une franchise de stationnement de 8 j est proposée ainsi qu’un dépôt capable de stocker un millier de boîtes. « De petites réparations de conteneurs sont possibles comme le maintien en température des reefers à l’aide d’une dizaine de prises ».
Dessertes ferroviaires
Moins les basses eaux grâce aux débits quasi-constants sur l’axe Seine, la seule contrainte relevée par le responsable est « les périodes de crue. Les services sont alors allégés d’une hauteur de conteneurs pour passer sous les ponts ».
En complément de la voie d’eau et de la route, le MIT lancera dans les prochains jours un nouveau service ferroviaire avec Le Havre. « Il aura un transit-time Jour A – Jour B avec un accès direct à Port 2000. Nous espérons doubler cette ligne au 1er trimestre 2027 pour atteindre un rythme de croisière de 3 services par semaine », confie Aldric Moignot. Medlog opère déjà des services ferroviaires au Havre sur d’autres destinations. A l’exception de quelques trains directs, la plupart sont traités par le terminal multimodal LHTE. De et vers ce dernier, 2 navettes ferroviaires quotidiennes desservent les terminaux conteneurisés havrais. « Cela représente 70 conteneurs 40’ par jour, ce qui est insuffisant sans compter les risques liés aux ruptures de charge supplémentaires et aux contraintes météorologiques ». Un argument de plus en faveur de la voie d’eau et des services ferroviaires directs Port 2000...


