Franprix renonce à la logistique urbaine fluviale pour ses magasins parisiens

- Sur le port de la Bourdonnais, les livraisons par barge de 300 magasins Franprix cesseront au 1er novembre.
- ED
Depuis 2012, l’enseigne approvisionnait 300 magasins de l’Ouest parisien via la Seine entre le port de Bonneuil-sur-Marne et le port de La Bourdonnais, au pied de la Tour Eiffel. Ce dispositif fleuve-route prend fin, remplacé dès le 2 novembre par un schéma de transport routier en cours d’électrification au départ de ses deux entrepôts desservant l’Ile-de-France.
Franprix a fait les comptes. Bien que vertueux, le mode fluvial en service depuis 14 anslui coûtait trop cher alors qu’en parallèle, l’équation économique de l’électrification des camions devient de plus en plus pertinente. « Dès le départ, le dispositif fluvial était sensiblement plus cher qu’un mode routier classique, explique Antony Deniau, directeur transport de Franprix. Les surcoûts de navigation, de manutention de caisses et de rupture de charge pèsent dans l’équation. C’est aussi un mode opératoire qui dépend d’aides dont le niveau et la pérennité sont assez fluctuants. Les aides européennes poussent surtout la longue distance au détriment des opérations de logistique urbaine ».Outre les surcoûts opérationnels, des restrictions de circulation imposées aux 44 tonnes transportant deux caisses mobiles ont fortement allongé l’approche entre l’entrepôt Franprix de Chennevières-sur-Marne et le port de Bonneuil-sur-Marne déplore Antony Deniau : 25 km par les itinéraires autorisés au lieu d’une distance directe de 7,5 km !
A compter du 2 novembre, les 25 % des volumes franciliens desservis en mode fluvial avec 44 caisses quotidiennes basculeront donc vers une flotte de camions bas carbone. Les trois quarts des caisses mobiles provenaient de l’entrepôt de Chennevières, où sont préparés l’épicerie et les liquides, contre un quart de l’entrepôt de Bonneuil, dédié aux palettes complètes de liquides, produits lourds, papiers et articles volumineux. Franprix investit « massivement », de l’ordre d’un million d’euros, pour électrifier la flotte de camion au départ de Chennevières. Le site a été équipé de 57 bornes de recharge (dont 14 rapides). « Dès le premier trimestre 2027, nous passerons de 17 à 32 poids lourds électriques au départ de ce site » annonce le directeur transport. Le partenaire transport XPO, qui assurait déjà la gestion de la flotte de camions en propre, fournira début 2027 15 nouveaux tracteurs électriques Renault Trucks semi-city au départ de Chennevières et 8 camions B100 au départ de Bonneuil. L’objectif est d’atteindre 75 % d’électrique en 2030, avec 10 à 12 camions électriques supplémentaires par an.

