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Confrontées à un monde en polycrise, les entreprises plébiscitent le processus collaboratif de décision né dans les années 1980. Outillé par des logiciels de planification toujours plus efficaces grâce à l’IA, le S&OP reste cependant incomplètement mis en œuvre en France et souvent mal compris.
Défini dans les années 1980, le processus S&OP (sales and operations planning), que certains encore appellent PIC (plan industriel et commercial), répond à un enjeu toujours d’actualité : concilier les ressources de l’entreprise et les ventes prévues avec le meilleur niveau de service, de qualité et de coût. Mais cette planification de moyen à long terme, qui suppose de faire converger les départements sur un scénario commun, reste-t-elle pertinente à l’heure où les crises s’enchaînent et bousculent les supply chains ?
Maturité encore faible
Si l’on en juge à sa popularité auprès des entreprises, le S&OP conserve tout son attrait. Sa cote semble même s’être accrue ces dernières années. L’éditeur Colibri, dont l’APS vise les entreprises dès 10 M€ de chiffre d’affaires, en témoigne : « si le concept n’a pas changé, la perception du processus a évolué. Nous sommes de plus en plus consultés par des entreprises qui le jugent indispensable. Le plus souvent, elles ont déjà commencé à mettre en place un processus sur Excel ou un outil dédié plus ancien. Le S&OP est devenu un must have plutôt qu’un nice to have », témoigne Nicolas Commare, directeur général de l’éditeur.
Fabienne Cetre, vice-présidente régionale EMEA de Kinaxis, APS qui cible des entreprises réalisant plus de 500 M€ de CA, relève que la maturité des processus dépend beaucoup des secteurs d’activité : « dans les industries que nous servons, telles que les biens de grande consommation, la pharma, le high-tech, les processus sont assez matures. Ils sont déjà équipés d’outils avec des limites technologiques que l’on vient remplacer. À l’inverse, dans l’automobile par exemple, ou d’autres industries traditionnelles qui fabriquent des produits plus complexes, avec de nombreuses spécificités, on va plutôt remplacer des tableurs Excel et leur fonctionnement est encore très siloté ».


