
- Opopop
Entré en application le 12 août, le règlement européen PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation) rehausse les objectifs de réemploi des emballages de transport et de e-commerce à 40 % en 2030. Les fabricants et les utilisateurs seront-ils au rendez-vous ?
L’article complet est à retrouver dans le n°221 de Stratégies Logistique
Alors que la loi Agec demande 10% d’emballages réemployés d’ici 2027, le nouveau règlement PPWR prévoit que 40 % des emballages de transport et de e-commerce soient réutilisables au sein d’un système dédié d’ici 2030. L’objectif parait très ambitieux. En France, le report au 1er janvier 2027 de la mise en œuvre du dispositif REP Pro (responsabilité élargie des producteurs pour les emballages professionnels professionnels) a montré la complexité du seul sujet de la collecte d’une écocontribution. Et au-delà de son intérêt environnemental, la question de la viabilité économique des boucles de réemploi reste un défi. Dans son dernier état des lieux de la filière du réemploi des emballages, soit 292 établissements physiques et entre 6 000 et 9000 emplois recensés en septembre 2026, l’Ademe décrit ainsi un secteur qui « gagne du terrain sans avoir encore trouvé son équilibre ».
Une logistique complexe
« Le principal enjeu est de passer d’un flux linéaire à un flux circulaire : il faut prévoir des stocks tampons, organiser le retour des emballages, s’assurer qu’ils puissent être réutilisés sans être dégradés et adapter les opérations chez les différents acteurs » explique Antoine Dufetelle, directeur du développement durable et QHSE de FM Logistic. Économiquement parlant, le modèle est encore compliqué à trouver estime Amaury Toulemonde, dirigeant du fournisseur d’emballages Embaleo (groupe Baudelet) : « c’est une belle idée, mais la boucle est beaucoup plus complexe à mettre en place avec un emballage qui coûte plus cher au départ et les taux de retour qui ne sont pas forcément bons. » Bertrand Menue, country manager France de Gamma-Wopla/Smart-Flow, spécialiste belge des bacs et palettes en plastique réutilisables, souligne lui-aussi les difficultés liées aux flux de retour : « le développement des emballages retournables suppose une logistique adaptée, mais les organisations actuelles ne sont pas encore suffisamment équipées pour gérer ces flux. Aujourd’hui, cela fonctionne bien en flux internes mais reste plus difficile à gérer en flux externes. »
Nouvelle dynamique
Pour autant, les expérimentations se multiplient dans l’e-commerce à l’instar du programme Reuse Fast Tracklancé par Re-Zip, DS Smith et Raja. Jusqu’à 20 marques françaises d’e-commerce doivent être accompagnées pendant 12 mois sur la supply chain, l’IT, le marketing, l’engagement consommateur et le suivi de performance, avec un objectif de 250 000 emballages réemployables remis en circulation. Autre exemple, depuis septembre La Poste, Colissimo et Pickup testent avec Aroma-Zone et Opopop, entre autres, une boucle complète de réemploi pour des colis e-commerce dans 22 relais Pickup en Île-de-France, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. La dynamique se retrouve dans les chiffres communiqués par Opopop : le fournisseur d’emballages réemployables déclare avoir multiplié par 50 le volume d’emballages mis en circulation en 2026 par rapport à 2025, tandis que Re-Zip, revendique près de 100 000 emballages vendus sur sa première année française, avec l’objectif annoncé de tripler son portefeuille et de multiplier par dix ses volumes sur les six mois suivants : « là où des dossiers pouvaient prendre plusieurs mois, aujourd’hui les prises de décision se font en quelques semaines » observe Anne-Laure Daniel, country manager France de Re-Zip, acteur européen du réemploi des emballages pour les flux e-commerce, installé dans l’Hexagone depuis un an et demi.

