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Pénuries alimentaires : 10 à 12% de taux de rupture

, par Stratégies Logistique

C’est le PDG de Système U qui a lancé l’alerte : des produits de consommation habituels qui pourraient disparaître des rayons « d’ici quelques semaines à quelques mois », notamment dans le secteur alimentaire.

« Nous n’avons jamais connu, en tout cas pas depuis plus de cinquante ans, une crise comparable à celle d’aujourd’hui », alerte Dominique Schelcher, dans une interview au Journal du dimanche. Est-ce un simple effet d’annonce ? L’inflation et l’explosion des coûts de l’énergie, mais aussi le changement climatique, seraient les principales causes de ces futures pénuries de produits alimentaires.

Passant d’un taux de rupture de produits de 2 % à 10-12 %, « nous n’avons jamais connu, en tout cas pas depuis plus de cinquante ans, une crise comparable à celle d’aujourd’hui », précise le patron de Système U. De son côté, LSA confirme la tendance avec un niveau des ruptures qui augmente encore, selon son baromètre mensuel LSA-NielsenIQ.

Contrainte de choix

« Selon la Coopération agricole, qui représente un tiers des marques, beaucoup de producteurs seront bientôt contraints d’effectuer des choix de gammes, à cause de coûts trop élevés : des agriculteurs décideront par exemple d’abandonner la volaille au profit des céréales », avance le patron du groupe de grande distribution.

Selon le Syndicat de la Rizerie Française (SRF), des ruptures d’approvisionnement et des hausses de prix sont à prévoir sur les riz basmati, les étuvés et les risottos. Les conditions climatiques (fortes chaleurs puis fortes pluies mais aussi manque d’eau notamment en Italie, en Espagne et en Grèce) n’ont pas été favorables aux récoltes. L’Inde a, de plus, interdit l’exportation de la brisure de riz et instauré une taxe de 20 % sur l’exportation du riz, ce qui a déstabilisé les cours du marché. Sans compter la hausse du coût de l’énergie et des emballages...

Changement climatique

Le changement climatique en France influe sur les cultures, ce qui entraine des mauvaises récoltes... Dans les Hauts-de-France, une baisse historique de près de 20% des rendements de pommes de terre pourrait non seulement pénaliser toute la filière agroalimentaire de transformation mais aussi l’ensemble de industrie de la fécule, qui trouve ses débouchés dans les excipients de médicaments, la cosmétique ou les emballages. Si l’on ajoute l’inflation et la hausse des coûts de l’engrais et de l’énergie, la filière totaliserait près de 200 millions d’euros de pertes cumulées.

L’endive pourrait, elle aussi, subir de plein fouet la hausse des coûts de l’énergie. La région Hauts-de-France, qui produit à elle seule 95% des endives françaises, traverse une crise sans précédent en raison du renouvellement des contrats d’électricité pour 40% à 50% de ses 350 producteurs régionaux.

« Les prix de l’énergie sont multipliés par 8 à 10. Une facture de 80.000€ sur une exploitation type en 2022, passerait à 800.000€ début 2023, ce qui est tout simplement insupportable économiquement. L’automne et l’hiver seront décisifs pour ces 350 entreprises et leurs 4 000 salariés », indique un communiqué du conseil régional. Qui en appelle au ministère, comme il l’avait fait pour la filière pommes de terre.

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