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Jean-Marie Tanguy

Délégué général du syndicat de la palette (Sypal)

, par Gilles Solard

« En 2012, nous pourrons proposer une idée validée »

La palette Europe équipée d’un tag RFID sera opérationnelle d’ici l’année prochaine, assure Jean-Marie Tanguy dans une récente intervention.

« Je vais vous parler d’un projet RFID qui concerne un type de palettes : la palette EUR Epal, aussi appelé palette Europe. Si vous demandez aux gens ce qu’est un frigidaire, ils vous répondrons que c’est une marque déposée qui est passée dans le langage courant. Le Klaxon est déjà moins connu. La palette Europe, c’est la même chose. Elle a été créée en 1954. C’est une jeune fille qui continue à bien se porter et qui, à l’origine, a été normalisé par les l’union internationale des chemins de fer. L’Epal a été créée et couvre 34 pays. Le pool concerne 350 millions de palettes, voire plus et pas moins de 400 répérateurs.
La palette Europe a subi des améliorations, certes mineures à l’œil nu, mais elle est soumise à un cahier des charges rigoureux et à un contrôle qualité symbolisé par une marque déposée. Nous pouvons donc être en présence d’un modèle contrefait. Il se pose alors un problème de gestion de la palette pour s’assurer que ce n’est pas de la fausse monnaie. C’est une expression que j’aime bien parce qu’il y a la notion de valeur. Sans palette, rien ne peut être transporté, depuis mon fauteuil jusqu’à la peinture sur les murs.

« Il se fabrique tous les ans 60 millions de palettes dans le monde selon un cahier des charges précis de qualité ou d’épaisseur du bois jusqu’à la nature de l’acier des pointes de 90 mm annelées ou torsadées. Ces dernières n’auront pas le même effet qu’un chewing gum collé. Cependant, les différentes méthodes de marquage n’ont pas obtenu une aura suffisante pour être appréciées des utilisateurs : d’où l’idée d’introduire de la RFID dans la palette. La vision de l’avenir, mais on en est encore un peu loin, on aura une palette identifiable individuellement.
Dans le cycle de cette palette, il n’y a pas introduction d’une palette neuve puis des passages par des sites de réparation. On a de la palette Epal fabriquée une fois puis réparée de nombreuses fois et qui est à chaque fois remise dans le circuit. Sa caractéristique est qu’elle n’est pas la propriété d’une seule entreprise.

« L’idée est donc de fabriquer un outil dans lequel le principal intéressé sera l’utilisateur. Aujourd’hui, de nombreux acteurs tournent autour de la nébuleuse qui est le réseau d’information : ainsi lors de sa fabrication, la palette est soumise à un contrôle qualité effectué par une société indépendante : bureau Veritas en France. Mais elle est aussi contrôlée dans les opérations de reconditionnement. Ensuite, les comités nationaux qui ont Qualipal comme représentant français. Enfin, tous les fabricants et les réparateurs. Mais ce sont les utilisateurs qui sont au cœur du problème. Nous voulons répondre à une demande lorsqu’elle se présentera. L’Epal n’a donc pas l’intention d’inventer un nouveau système. Mais on sent bien que la tendance va vers une traçabilité pointue.

« Il existe donc un pays où il existe peu de pertes et où les gens prennent soin de la palette. Il s’appelle la Suisse. Il a été choisi pour mettre en place le prototype. Aujourd’hui, nous en sommes à la phase III de production en série de quelques dizaines de milliers de palettes. Il s’agit de vérifier la faisabilité en vraie grandeur entre un réseau de palettes agréé Epal et l’enseigne Suisse Migros, en passant par l’ensemble du circuit de la palette. En 2012, nous pourrons ainsi proposer une solution validée qui sera modulable et adaptable. On ne veut pas s’astreindre à privilégier un scénario plutôt qu’un autre.
Nous avons essayé différents types de tags en 2008. Trois différents ont été testés mais nous travaillons, comme les loueurs, avec GS1 International qui est le standard. Plus difficile que la fréquence, le but du jeu est surtout de trouver à moindre coût un emplacement pour poser l’étiquette. Nous avons pour l’instant trois options qui donnent une relative satisfaction.

« Aujourd’hui, quels sont les résultats ? Il n’y a pas de problème quant à la faisabilité technique. Et les tests sur des milliers de palettes - dans un milieu certes protégé (La Suisse, ndrl) mais réaliste avec les coups de chariots – montrent que les objectifs initiaux devraient être atteints. Le but étant de fournir un outil aux utilisateurs qui en feront ce qu’ils veulent. Mais en 2012, nous serons prêts à répondre à la demande. »

Les questions des lecteurs

  • Bonjour Monsieur TANGUY. Tout d’abord bravo pour votre article et les engagements que vous prenez dans le domaine de la RFID appliquée aux palettes Europe. Les conditions techniques, technologiques et économiques semblent réunies pour proposer des solutions innovantes. Je dirige le département marketing de la société Aprogsys, basée à Besançon, au sein de laquelle nous travaillons à la mise au point de système de traçabilité des palettes, utilisant des nouveaux marqueurs brevetés ultra résistants RFID répondant aux exigences de l’application de la norme NIMP15 et aux attentes des opérateurs de la supplychain. Sur le plan de la technologie RFID, nous constatons que deux écoles apparaissent distinctement :
    1 / d’une part les utilisateurs qui souhaitent que le tag RFID contienne de nombreuses informations que l’on puisse mettre à jour régulièrement dans la puce
    2 / d’autre part, les utilisateurs qui souhaitent que le tag RFID ne soit qu’un identifiant

    Ces deux collèges impliquent des technologies différentes. Quels choix préconisez vous ?

    Meilleures salutations. Laurent GACHOT - commercial aprogsys.com

    • Bonjour Monsieur GACHOT,

      Dans le projet actuel, aucune information n’est stockée sur la palette.

      Pourquoi ce choix ?
      Contrairement aux palettes appartenant à des pools « fermés » telles que les sociétés de location, les palettes Europe, ou palettes EUR-EPAL, circulent sur le marché librement (pool « ouvert »). Une telle palette peut changer de propriétaire plusieurs fois ou rester dans le cadre d’une société qui gère elle-même son parc ou confie cette gestion à un gestionnaire de parc.
      La problématique n’est donc pas la même que pour une palette appartenant à un propriétaire unique tout au long de sa vie.

      Dans notre cas, et en l’état actuel du projet pilote, chaque palette EUR-EPAL se voit attribuer un numéro de série unique (GRAI = Global Returnable Asset Identifier).
      Le tag contient uniquement ce numéro. Aucune autre information n’est stockée dans la mémoire du tag.
      Toutes les informations utiles sont stockées sur le réseau.
      Les évènements (quoi, où, quand, comment, pourquoi) créés par les entreprises titulaires d’une licence sont stockées localement.
      Chaque utilisateur peut interroger la base de données centrale pour connaître les informations à jour de sa palette.

      Cordialement

      Jean-Marie TANGUY

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