
- Renault Group
La supply chain de l’industrie automobile doit s’adapter à la bascule programmée vers la voiture électrique. Avec les batteries et semi-conducteurs apparaissent de nouveaux fournisseurs, de nouveaux flux, des contraintes de transport et des enjeux RSE qui restent à optimiser.
Depuis des décennies, la supply chain de l’industrie automobile est fortement optimisée et basée sur une cascade de sous-traitants pilotés par les constructeurs. Les circuits et coûts logistiques des composants et pièces dédiés aux voitures à combustion interne sont maîtrisés, le sourcing des fournisseurs et les modes de transport également. Mais cette belle mécanique est désormais chamboulée par la voiture électrique, qui rebat les cartes du marché et change la donne en rendant les constructeurs plus dépendants de leurs fournisseurs, notamment de batteries et de composants électroniques. Un enjeu stratégique. Outre des ratés à l’allumage, les constructeurs européens de voitures électriques ont en effet pris du retard face à la concurrence chinoise ou américaine, à cause de la nécessité de repenser leurs supply chains de batteries et composants électroniques en termes de sourcing, de gestion des risques de rupture d’approvisionnement ou de transport.
Pour atteindre une production estimée à 145 millions de véhicules électriques d’ici à 2030 (voir encadré), les supply chains managers devront résoudre de nouveaux défis qui peuvent paraître parfois inattendus. Ainsi, la voiture électrique comportant moins de pièces mécaniques que sa grande sœur thermique devrait théoriquement être plus simple à gérer en termes de logistique. La motorisation d’une voiture électrique (VE) ne comporte que 3 pièces mobiles contre 113 pour un moteur à combustion interne, selon une étude d’UBS portant sur des véhicules Chevrolet. En outre, les VE se passent de boîte de vitesses traditionnelle et n’ont pas besoin de compresseur ou turbocompresseur, ni de système d’échappement par exemple. Autant d’équipements en moins à fournir pour alimenter les lignes de production et donc moins de flux à transporter ?






