- Usine Symbio à Saint-Fons. Sa capacité de production est actuellement de 16 000 piles à combustible par an.
- Symbio
A la tête du plus grand site européen intégré pour la fabrication de piles à combustible, Symbio peut produire à pleine capacité depuis quelques semaines. Pour soutenir sa montée en charge, la filiale des groupes Stellantis, Michelin et Forvia mise sur la mise en œuvre d’un réseau de distribution d’hydrogène et l’essor d’une offre qui est étroitement lié à la compétitivité des piles.
Il y a 4 ans, le prix d’une pile à combustible de 40 kW coûtait plus de 50 000 €. « Aujourd’hui, il s’élève à 10 000 € et notre objectif est de le diviser encore par deux d’ici 2030 ». Le cap de Symbio fixé par son P-dg Philippe Rosier est clair. Bien que sa première gigafactory ait été inaugurée à Saint-Fons le 5 décembre 2023, « le démarrage de la production commence en ce moment », a-t-il reconnu le 10 octobre lors des Rencontres de la filière Véhicules industriels à Lyon.
Sourcing 100 % français et européen
Quatre conditions sont réunies pour passer à l’échelle à ses yeux. A commencer par la mise en œuvre d’une chaîne d’approvisionnement présentée comme robuste. « Il y 4 ans, 80 % des 600 composants d’une pile à combustible provenaient de Chine. Maintenant 70 % sont sourcés en France et le reste en Europe ». L’inauguration le 6 juin de l’usine Innoplate conforte le modèle intégré de Symbio. Co-entreprise créée à Haguenau avec l’équipementier automobile Schaeffler, elle fabrique des plaques bipolaires métalliques. Une première en Europe ! Avec les membranes fabriquées à Saint-Fons, ces plaques constituent le deuxième composant stratégique d’une pile à combustible.
Innoplate a une capacité de production initiale de 4 millions de plaques. Elle devrait se hisser à 50 millions d’ici 2030. « Sa production en série est essentielle pour sécuriser notre approvisionnement et renforcer la compétitivité de nos coûts », explique Philippe Rosier. Elle permet à Saint-Fons de produire à sa capacité initiale de 16 000 piles. Laquelle sera augmentée jusqu’à 50 000 d’ici 2026-2028 avec le quasi doublement prévu de la taille de l’usine (de 26 000 à 40 000 m2). Un autre enjeu pour passer à l’échelle est « d’attirer et de former des talents », ajoute le dirigeant de Symbio. Appelé Hydrogen Acadamy, le pôle de formation dédié à l’hydrogène est également en place depuis 2021. L’an passé, il a formé plus d’un millier de personnes.
Triple défi à relever
Au moins trois conditions restent à réunir pour aligner les planètes de la mobilité hydrogène. La première consiste à passer à l’échelle industrielle pour abaisser le prix des piles à combustible. L’offre pourra alors se développer et croiser une demande sur les segments 100 % professionnels ciblés par l’entreprise : transport par route en utilitaires et camions, manutention avec chariots, engins off road de chantier et au-delà de 2030, transports maritimes et aériens. Dans ces domaines, le développement de la mobilité électrique avec accumulateurs semble compromis en raison du poids des batteries, des temps de charge et des autonomies. Produire 50 000 piles à combustible par an permettrait « un TCO identique voire inférieur à celui d’un camion thermique », selon les ingénieurs de Symbio.
Dans l’immédiat son principal client est le groupe Stellantis au travers des marques d’utilitaires Peugeot, Citroën, Opel et Fiat ainsi que des constructeurs de bus et cars comme Safra. Pour proposer une offre hydrogène crédible, Philippe Rosier somme enfin l’Europe, les pouvoirs publics, les collectivités locales et les acteurs économiques à se mobiliser pour « créer un réseau d’avitaillement d’hydrogène vert ».