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Le coût de la transition énergétique inquiète les routiers

, par Erick Demangeon

Lors du congrès de la Fédération nationale des transports routiers placé sous le thème « Changer d’ère », l’Etat s’est prononcé en faveur du gaz et du biogaz pour la transition énergétique du mode routier. Les transporteurs demandent aux chargeurs de participer davantage à cette transition.

Depuis le début de l’année, transporteurs, constructeurs de véhicules industriels, énergéticiens et services de l’Etat sont rassemblés au sein d’une « task-force ». Sa mission : établir une transition énergétique dans le transport routier par le biais d’une convention d’objectifs communs. Invité le 30 septembre lors du 75e congrès de la FNTR, Jean-Baptiste Djebbari s’est sans doute inspiré de ses travaux en déclarant « la réalité aujourd’hui pour le transport routier, c’est le gaz et le biogaz » car « nous n’avons pas l’offre nationale et européenne de camions électriques et hydrogènes ». Une « réalité » appelée à durer, admet le ministre délégué chargé des Transports, tant que cette offre et l’infrastructure pour la distribution de ces énergies ne seront pas disponibles.

Chargeurs priés de mettre la main à la poche

Si cette position officielle pose les bases d’une transition énergétique « réaliste » dans la filière, elle ne suffit pas aux yeux des transporteurs et de la FNTR. Pour la fédération, il s’agit désormais de chiffrer le coût de cette transition et d’en définir le modèle économique en fonction des transports : dernier kilomètre, zone urbaine, courte, moyenne et longue distances. Pour franchir cette étape, il est « indispensable » de mettre les donneurs d’ordre autour de la table selon son président Jean-Christophe Pic. « Une fois que les clients seront convaincus que pour aller vers cette transition, il faut passer par des changements d’organisation et des tarifs différents cela donnera de la visibilité aux transporteurs ». Autrement dit, l’allongement de la durée des contrats doit s’accompagner de meilleurs prix car selon lui, « pour placer des véhicules plus chers, il faut pouvoir les vendre ».

Ajuster les calendriers

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Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR
® FNTR

Un autre défi pour la FNTR et les transporteurs routiers consiste à ajuster le temps réglementaire au calendrier de la transition énergétique citant l’adoption jugée « prématurée » de la loi Climat et Résilience le 22 août, ou les propositions « Fit for 55 » de la Commission européenne du 14 juillet. Ces dernières envisagent la création d’une taxe carbone dans le transport routier dès 2026 entre autres. Devant l’orientation prise par ces deux textes, Florence Berthelot déléguée générale de la fédération rappelle qu’il « ne sert à rien de taxer les transporteurs routiers si l’offre en véhicules et en énergies alternatives n’existe pas ».
La France devra donc user de persuasion lors de sa présidence de l’Union européenne au premier semestre 2022. D’autant qu’un autre dossier routier l’attend : l’application du paquet Mobilité adopté en juillet 2020 dont ses mesures sur l’encadrement du cabotage sont contestées devant la Cour de justice européenne par plusieurs Etats membres.
De façon transversale enfin les difficultés de recrutement du secteur ont été évoquées à chaque débat du congrès.


Voir en ligne : https://congres.fntr.fr/congres-live/

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