Y aura-t-il un avant et un après Covid-19 ? Brutale et d’un coût humain inconnu à ce jour, cette crise sanitaire interroge le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement actuelles. En relevant leurs failles et leurs risques, elle ouvre le champ des possibles. Lesquels sont susceptibles d’accélérer des tendances déjà perceptibles et de relever d’autres défis comme le changement climatique.
Passée la phase de sidération, la crise du Covid-19 met en lumière la fragilité des supply-chains actuelles et encourage la mise en œuvre de décisions suggérées depuis longtemps. L’une d’elle fait écho au rapport Hémar-Daher sur les chaînes logistiques nationales remis en septembre dernier. Au-delà de leur compétitivité qui était le thème principal de cette analyse, ses conclusions pointaient au moins trois enjeux qui rejaillissent aujourd’hui au plus fort de la crise sanitaire : « leur efficacité perfectible, le manque de reconnaissance de la fonction logistique et de ses métiers, et le risque de perte de souveraineté ».
Quels que soient les motifs évoqués, le blocage du réseau ferré en 2019 suivi de celui des ports maritimes en décembre et en janvier ont affaibli les chaînes d’approvisionnement nationales. De façon ponctuelle mais à un moment stratégique cette fois, ces blocages ont affecté sa capacité à réagir ; plusieurs schémas et services de transport dont maritimes ayant décidé d’éviter la France au profit de points de transit plus fiables par le Nord de l’Europe via la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne.


