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Anti-gaspi : les entreprises peuvent faire mieux

, par Fanny Rousselin-Rousvoal

Alors que la loi d’économie circulaire a été adoptée le 30 janvier au Sénat, le baromètre 2020 Comerso & Ipsos sur le bilan des actions anti-gaspillage et valorisation des déchets dans les entreprises montre que la connaissance RSE progresse mais que certaines pratiques s’essoufflent.

Dans le cadre de l’adoption définitive au Sénat de la loi d’économie circulaire jeudi 30 janvier, Comerso diffuse les conclusions de son dernier baromètre « Anti-Gaspillage et valorisation des déchets pour une économie circulaire ». Conduit par l’institut Ipsos auprès de 247 responsables d’entreprises (Grandes et Moyennes Surfaces, Grandes Surfaces Spécialisées et Industries Agro-Alimentaires), ce baromètre révèle un essoufflement des pratiques anti-gaspillage en Grande Distribution, et une marge de progression restant importante en GSS et chez les industriels.

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Point positif, la connaissance de la notion de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) progresse cette année : 75 % des GMS et GSS déclarent connaître la notion, contre seulement 61 % en 2019. Pourtant, encore 38 % des interviewés ne sont pas totalement convaincus de leur rôle à jouer - via leur entreprise - dans la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation des écosystèmes.

Si les grandes thématiques couvertes par la loi d’économie circulaire sont plutôt bien identifiées par la plupart des acteurs, 40 % des répondants estiment que la loi ne les concernera pas ou ne le savent pas. Chez les Grandes Surfaces Spécialisées, 48 % ne savent pas que l’interdiction de jeter les invendus non-alimentaires est intégrée à la loi, cette mesure étant pourtant l’une des plus emblématiques, et les GSS étant les principales concernées.

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Loi Garot, un bilan jugé convaincant

Le 11 février prochain, la loi Garot fêtera ses 4 ans. Pour rappel, celle-ci interdisait aux Grandes et Moyennes Surfaces de plus de 400 m2 de jeter leurs invendus alimentaires encore consommables. Les GMS sont majoritairement convaincues par le bilan de cette loi : 78 % reconnaissent son efficacité sur la diminution du gaspillage alimentaire. Pourtant seulement 17 % des GMS adoptent la complémentarité des actions priorisées dans la loi (contre 28 % en 2018 et 6 % en 2017). La note de priorité attribuée à la lutte contre le gaspillage est également en recul (7/10, contre 7,9/10 en 2018). Même si le don aux associations reste pratiqué par une très large majorité des GMS (91 %), cette pratique régresse cette année (rappel : 96 % en 2018). La fréquence des collectes par les associations reste problématique : 58 % des magasins ne sont pas collectés quotidiennement, alors qu’il s’agit d’un enjeu clé sur les produits frais. Le gaspillage non-alimentaire reste un vrai sujet pour les GMS : à 79 % elles sont confrontées à la problématique des stocks dormants non alimentaires. Le stickage promotionnel est une action anti-gaspi largement pratiquée (91 %), car jugée très efficace pour réduire la casse.

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La loi Garot est par ailleurs très peu connue chez les industriels – 16 % seulement – alors même que son périmètre a été étendu à ce secteur (ainsi qu’à celui de la restauration) le 1er janvier 2020. Dans les industries agroalimentaires, 78 % considèrent que la marge de progression dans la lutte anti-gaspi reste importante. Les pratiques emblématiques sont la valorisation des déchets (pour 93 %) et des bio-déchets (à 63 %), le don aux associations (pratiqué à 67 %) et le déstockage à 51 %.

Les GSS à la traine

C’est en GSS que la sensibilité RSE et la mobilisation anti-gaspi restent les plus faibles. 40 % ne connaissent pas la notion de RSE. 42 % ne se sentent pas concernées par la loi d’économie circulaire. Pour 67 % la marge de progression dans la lutte anti-gaspillage reste importante. Il est toutefois à noter que certaines pratiques anti-gaspi progressent : le don aux associations est un peu plus pratiqué : 63 %, vs 61 % l’an dernier. Le déstockage, pratiqué à 51 %, progresse de +10 %.

Cette étude montre un vrai enjeu d’appropriation de la loi d’économie circulaire : comment aider à mieux faire comprendre que cette loi concerne toutes les entreprises ? Comment l’appréhender comme un terrain d’opportunités plutôt que de contraintes ? Les entreprises remontent par ailleurs des difficultés de temps de gestion et de pilotage, de sécurité, de traçabilité des flux, d’identification des filières de revalorisation. Autant de sujets sur lesquels un accompagnement externe peut-être envisagé.


Voir en ligne : https://comerso.fr/etudes/

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